
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur The Art of Disney, le site sur les coulisses des productions Disney-Pixar! Réaliser un court ou long métrage d’animation est une véritable course de fond qui passe par de multiples étapes de création où les artistes discutent, échangent et réalisent de superbes dessins. Ces recherches aboutissent à la création d’oeuvres inoubliables et sont l’inspiration du Parc Disneyland Paris (billets ici), mais laissent leurs auteurs et leurs dessins dans l’ombre… Je vous propose par le biais de ce site de (re)découvrir vos films favoris sous un autre angle, plus artistique que commercial, afin de redonner aux artistes Disney toute la reconnaissance qu’ils méritent!
Il était une fois un producteur de cartoons qui désirait créer quelque chose d’inédit dans le monde de l’animation, quelque chose de grand… C’est en 1934 que Walt Disney commença à parler de son projet de long métrage d’animation à ses artistes, il choisit pour cela d’adapter le merveilleux conte des frères Grimm, Blanche Neige et les Sept Nains. Cela faisait longtemps que Walt Disney voulait adapter ce conte à l’écran. En 1916, il découvrit au cinéma une version muette du conte avec Margerite Clark dans le rôle de Blanche Neige. C’était le premier film qu’il vit au cinéma et celui-ci le marqua à jamais.
Contrairement à ce que beaucoup pensent, Blanche Neige et les Sept Nains n’est pas le premier long métrage d’animation jamais réalisé pour le cinéma. En 1917 le cinéaste argentin Quirino Cristiani réalisa El Apostol (L’Apôtre), un long métrage d’animation entièrement réalisé en papiers découpés. Il réitéra l’expérience un an plus tard avec Sin Dejar rastros réalisé avec la même technique. Plus tard, en 1926, la réalisatrice allemande Lotte Reiniger signa Les Aventures du Prince Achmed, un long métrage d’animation en ombres chinoises. Blanche Neige et les Sept Nains est donc le quatrième long métrage d’animation à voir le jour mais le premier réalisé en animation traditionnelle (décors peints et celluloïds).



Blanche Neige et les Sept Nains n’aurait pas put voir le jour sans les nombreux courts métrages des studios et en particulier ceux de Mickey Mouse. De 1922 à 1934 les studios Disney n’ont cessé de grandir et leurs réalisations de gagner en popularité. Le succès triomphal de la petite souris permit à Walt Disney de gagner en crédibilité dans le milieu du cinéma hollywoodien mais également de remplir les caisses des studios. Quand la rumeur courut que le producteur de cartoons désirait réaliser un long métrage d’animation beaucoup le prirent pour un fou. Certain disaient que les gens ne supporteraient de rester 1h30 devant un cartoon, d’autres prétendaient que le public aurait mal aux yeux à cause des couleurs vives (à l’époque la couleur était uniquement réservé aux cartoons dont la durée ne dépassait guère les dix minutes). Malgré l’avis mitigé de certains, Walt et son équipe se mirent au travail afin de créer le film le plus ambitieux jamais crée au sein des studios Disney.
La première équipe à plancher sur le film se mis en place début août 1934. Constituée de quelques scénaristes et dessinateurs, l’équipe se trouvait dans une pièce juste à côté du bureau de Walt Disney, afin que celui-ci puisse venir les voir quand bon lui semblait. Il les avait convoqué un soir pour leur faire part de son projet, et leur raconta tout le film avec un grand enthousiasme. Très peu de personnes étaient au courant du projet aux studios, Walt avait certainement peur des fuites, un autre studio pouvait très bien préparer un long métrage d’animation en secret afin de le doubler.
Les moyens mis en place pour la réalisation de Blanche Neige et les Sept Nains furent considérables. Le budget conséquent (1 500 000$) fit véritablement exploser les comptes de l’entreprise! Les effectifs furent également revus à la hausse, le personnel passa ainsi de 200 à plus de 800 employés! Mais ces chiffres qui font tourner la tête ne sont pas anodins, Walt Disney a vraiment tout fait pour que son film soit le plus beau jamais crée. Les courts métrages furent une nouvelle fois très utiles afin de tester les différentes techniques et effets spéciaux qui seront utilisés dans le long métrage. Le court métrage le plus marquant de cette période fut le Silly Symphonie The Old Mill sorti en 1936. On y retrouve l’utilisation de la toute nouvelle caméra multiplane spécialement crée pour la réalisation de Blanche Neige et les Sept Nains. Cette caméra a comme particularité d’être composée de plusieurs étages comportant chacun un plateau de verre où l’on pose une partie du décor afin de créer un effet de profondeur. Les premiers plan étaient ainsi disposés très proches de l’objectif et les arrières-plans plus éloignés.
Pour créer Blanche Neige et les Sept Nains, Walt se devait également d’améliorer la formation de ses artistes. Un certain nombre d’entre eux prirent ainsi des cours du soir directement aux studios afin d’étudier en profondeur les mouvements du corps humain et des objets. Et les résultats furent spectaculaires! En seulement quelques mois la qualité d’animation des courts métrages évolua à pas de géant et la préparation de Blanche Neige et les Sept Nains pouvait enfin prendre son envol. Pour se rendre compte de cette évolution il suffit de regarder la différence de réalisme entre le personnage féminin de La Déesse du Printemps sorti en 1934 et le personnage de Blanche Neige. On ne peut pas croire que seulement trois années les séparent! L’animation de la première a l’air toute molle, sans articulation en ne tenant pas compte de la gravité ou du mouvement du drapé. Les progrès entre ces deux personnages sont tout simplement extraordinaires.
Le style graphique de Blanche Neige et les Sept Nains se rapproche beaucoup des illustrations européennes de la fin du XIXème, début du XXème siècle. Pour arriver à ce rendu si particulier les studios Disney firent appel au dessinateur suisse Albert Hurter. Ce dernier fut engagé en 1932 et travailla sur tout les aspects visuels du film, que ce soit les personnages ou les décors. L’illustrateur Gustaf Tenggren influença également beaucoup le style graphique du film. Qui de mieux que deux grands artistes d’origine européenne pour adapter un conte des frères Grimm!
Les premières scènes animées furent terminé début 1936. Grâce au procédé de rotoscopie crée spécialement pour le film, il était possible de reprendre les mouvements d’un acteur afin de les transposer en animation. Ce procédé permit de gagner en réalisme et ne pouvait rendre les personnages du long métrage que plus crédible. La plupart du temps les dessins obtenus avec ce procédé ne servaient que de référence, il était rare que les animateurs les utilise tels quel pour un personnage.
Grâce à ce film de jeunes artistes fraîchement arrivés aux studios purent également faire leur preuves. Ce fut le cas par exemple de Joe Grant qui travailla sur le design de la reine et de la sorcière. Son travail exceptionnel sur ce personnage ainsi que sur Pinocchio lui permirent d’évoluer et de s’occuper par la suite du scénario de Dumbo. Wolgang Reitherman quant à lui eu l’opportunité d’animer un personnage complexe en s’occupant du miroir magique.
Après trois années remplies de craintes et de doutes (tout l’argent des studios était parti dans ce projet), la production de Blanche Neige et les Sept Nains était terminée. Le film fut présenté en avant-première le 21 décembre 1937 au Carthay Circle Theater de Los Angeles. Toute les grandes pontes d’Hollywood se déplacèrent pour découvrir l’œuvre majeure d’un homme que l’on considérait déjà comme hors du commun. Les spectateurs (amis comme détracteurs) furent tous éblouies par le film, beaucoup ressortirent de la salle complètement estomaqués. Les critiques furent également unanimes, Walt Disney avait signé avec Blanche Neige et les Sept Nains son plus grand chef-d’œuvre! Ce dernier prouva ainsi qu’il était possible de réaliser un long métrage en animation qui soit aussi épique, drôle et émouvant qu’un film live.
Le film fut récompensé par l’Oscar de la meilleure musique et Walt Disney reçut un Oscar d’honneur accompagné de sept petits Oscars (symbolisant les sept nains) pour son travail sur Blanche Neige et les Sept Nains qui permit à l’animation d’atteindre des sommets.
Six mois après la sortie du film, les dettes des studios étaient épongés avec un bénéfice net de plus de deux millions de dollars! Avec cet argent Walt Disney construit ses nouveaux studios d’animation sur Buena Vista Street à Burbank…




Si Blanche Neige et les Sept Nains peut être considéré comme le joyaux de l’animation mondiale à sa sortie en 1937, Pinocchio en est indubitablement la parfaite évolution. Walt Disney l’avait bien souligné à l’époque de la sortie (et de l’énorme succès) de son premier film, il était hors de question pour lui de réaliser un Blanche Neige et les Sept Nains 2, malgré les nombreux appels du public pour retrouver leurs héros préférés dans de nouvelles aventures. C’est ainsi que vers la la fin de la production de Blanche Neige et les Sept Nains, le studio mis en chantier plusieurs films en parallèle, tous très éloignés de l’univers de la princesse star. Parmi ces projets on retrouvait Dumbo, Bambi, la séquence de L’Apprenti Sorcier qui finira par donner Fantasia, Peter Pan ou bien encore Alice au Pays des Merveilles. C’est au milieu de ce pot pourri créatif que Pinocchio fit son apparition.
Pinocchio était déjà un projet de longue date lors du début de sa production en 1938. En effet, c’est en 1935, lors d’un voyage en Europe afin de réunir une collection d’ouvrages illustrés qui serviraient d’inspiration aux artistes des studios que Walt Disney découvrit le célèbre conte de Carlo Collodi et en négocia immédiatement les droits d’adaptation. Né à Florence en 1826, Carlos Lorenzini (de son vrai nom) a débuté sa carrière par des articles politiques avant de devenir critique littéraire. Parallèlement à ses activités journalistiques, il publie des ouvrages à destination du jeune public. C’est en juillet 1881 que débute sous forme de feuilleton la publication de La Storia di un burattino (Histoire d’une marionnette) dans la revue Giornale per i Bambini. Achevée en 1883, l’œuvre comptait au final pas moins de 36 chapitres qui ressortirent sous la forme d’un livre unique sous le titre Le Avventure di Pinocchio. Le succès fut au rendez-vous et l’ouvrage se vendu à plus d’un million d’exemplaires.
Walt Disney commanda une nouvelle version du conte au Printemps 1937 à la scénariste Bianca Majolie afin de raccourcir le récit du livre, bien trop long pour être retranscrit en long-métrage d’animation. La version de Disney s’éloigne de l’œuvre originale sur plusieurs points, supprimant quelques personnages, en valorisant d’autres, lissant de nombreux éléments pour faire rentrer tout cet univers dans le moule des productions Disney. Mais qu’importe car cette version du petit pantin de bois est encore considéré aujourd’hui comme la plus belle jamais réalisée. Et c’est qui fera la force des nombreuses futurs productions des studios, ne jamais se contenter de retranscrire avec précision les œuvres à l’écran.
La production de Pinocchio débuta officiellement en mars 1938. Mais les difficultés ne tardèrent pas à montrer le bout de leur nez, et après six mois de travail acharné, la première version de l’histoire achevée ne satisfaisait pas Walt Disney. Il décida alors de tout reprendre à zéro. Les dépenses étaient déjà en train de s’accumuler alors que le film n’en était encore qu’à l’étape du storyboard et aux premiers tests d’animation! Dans la seconde version du scénario, le gros changement fut de donner plus d’importance au personnage de Jimminy Cricket qui, dans la première version plus fidèle au roman ne tenait qu’un rôle mineure. Il sera désormais la conscience et le fidèle ami du petit pantin de bois et aura une grande importance dans le déroulement de l’histoire.
Le design de Pinocchio fut confié à Fred Moore, Frank Thomas et Mitl Kahl. Tout d’abord réaliste, le pantin pris peu à peu sa forme définitive grâce aux talents combinés de ces trois artistes. Frank Thomas s’occupait principalement du visage du personnage, Fred Moore (également responsable de l’animation de Crapule) l’humanisa un peu plus et lui offrit des gants blancs, quant à Mitl Kahl il se démenait pour animer convenablement le corps de la marionnette, s’inspirant des mouvements de vrais petits garçons.
Une grosse innovation fit son apparition durant la production de Pinocchio et simplifia grandement le travail des artistes. Walt Disney décida de créer tout les modèles des personnages et véhicules du film en volume. Ces sculptures qui étaient ensuite polies puis peintes permirent aux animateurs de mieux de se rendre compte de l’espace que prenait leur personnage dans les décors, et de pouvoir les visualiser en trois dimensions.
Le design et l’animation de Jiminy Cricket fut confié à Ward Kimball. Voilà ce que dit plus tard l’artiste sur cette expérience : “A l’origine je dessinais le criquet comme une sauterelle noire, avec des pattes et de longues antennes. A chaque fois que je montais voir Walt, il prenait un air désapprobateur. J’en ai dessiné douze ou quatorze version et j’ai graduellement supprimé tous les appendices de l’insecte.” Au final Jiminy ne ressemblait plus vraiment à un criquet mais avait au moins le mérite d’être plus agréable à l’œil!
Le personnage de Geppetto fut confié à Arthur Babitt et Bill Tytla, qui animait également Stromboli. Figaro, un des personnages ajoutés par les scénaristes, fut quant à lui animé par Eric Larson. L’artiste adora s’occuper de ce chaton car il eu toute les libertées sur sa création et son animation, étant un personnage inédit. Après des centaines d’esquisses et d’études du personnage, Eric Larson en fit un des personnages les plus réussis du film. Pour finir, Gédéon fut animé par John Lounsbery (sa première animation de personnage important) et Norman Ferguson, Grand Coquin par Preston Blair et Monstro par Wolfgang Reitherman.
Graphiquement, Pinocchio doit beaucoup au travail de deux grands illustrateurs européens, Gustaf Tenggren et Albert Hurter. Tenggren est arrivé aux studios Disney durant la production de Blanche Neige et les Sept Nains, sur lequel il ne travailla que sur deux séquences. Après avoir participer au Silly Symphonie Little Hiawatha il se penche sur Pinnochio, où il aura une grande influence, en particulier sur les décors. Albert Hurter s’occupa quant à lui des innombrables objets présents dans l’atelier de Geppetto. Comme sur Blanche Neige et les Sept Nains il eu surtout un rôle important dans la stylisation de ces objets, et les créa de A à Z. Ces deux artistes permirent au film d’avoir ce style européen tant recherché par Walt Disney.
Pinocchio sort le 7 février 1940 dans les salles américaines et fut acclamé par le public et la presse. Malgré cela le film n’arriva pas à réitérer l’exploit commerciale de son prédécesseur, en partie à cause du marché européen fermé par la guerre… Avec un budget de 2,6 millions de dollars, Pinocchio ne rapporta pas autant aux studios que prévu et contraint Walt Disney à restreindre le budget de ses futurs productions. Malgré cela, Pinocchio reste un chef-d’œuvre intemporel qui a réussit à gommer tout les défauts de Blanche Neige et les Sept Nains pour nous offrir un film techniquement parfait. Le film a par la suite séduit l’Europe (premier sortie française en 1946) et le monde entier, jusqu’à faire oublier à bon nombre le roman original de Collodi. Le film reçut en 1940 l’Oscar® de la meilleure chanson pour Quand on prie la Bonne Etoile (qui deviendra très vite l’hymne de Disney) écrite par Ned Washington et composée par Leigh Harline et un second pour la partition musicale signé Paul Smith.
Troisième long métrage des studios Disney, Fantasia tient une place à part dans la longue liste des films d’animation de la firme. En effet, plus adulte, moins facile d’accès, mettant en avant la magnificence de la musique classique, Fantasia donne à l’animation ses premières lettres de noblesse. Celle-ci n’est alors plus utilisée comme simple outil de distraction mais comme accompagnement visuel (abstrait ou non) des divers oeuvres symphoniques choisies pour l’occasion, le tout dans un seul but : rendre la musique classique accessible au plus grand nombre. Fantasia est également le tout premier film à profiter de la technologie du son stéréophonique (appelé alors “Fantasound”), procédé sur lequel Walt Disney s’est beaucoup investi. Malgré toutes ces innovations le film fut un échec à sa sortie en 1939, ce n’est qu’après plusieurs ressorties en salle et surtout son arrivée en vidéo que Fantasia fut enfin considéré comme un grand chef-d’oeuvre.
Sorti en 1941 aux Etats-Unis (et seulement en 1947 en France), Dumbo se détache fortement des autres longs métrages d’animation de l’époque, misant sur la simplicité et l’émotion. Malgré la qualité indéniable de ses films, Walt Disney se rendit compte qu’il devait restreindre ses ambitions. Fantasia sorti une année plus tôt fut un échec, le public n’en attendait peut-être pas autant d’un producteur de cartoons! La réalisation de Dumbo débuta donc en 1939, peu après le début de la Seconde Guerre Mondiale en Europe. Plus préoccupé par la production de Bambi qui était en chantier depuis la sortie de Blanche Neige et les Sept Nains, Walt Disney ne s’investit guère dans la production de Dumbo, croyant plus au succès de Bambi (qui fut en fait un échec!). De plus, les studios étaient en pleine production de cartoons de propagande et une partie de l’équipe s’apprêtait à partie en Amérique du Sud pour le compte du gouvernement américain afin de renforcer les liens avec ces pays (voyage qui donnera naissance à deux films, Saludos Amigos en 1943 et Les Trois Caballeros en 1945)
Dumbo est tiré du livre du même nom écrit par de Helen Aberson et Harold Pearl, son adaptation fut confié à Joe Grant et Dick Huemer. Le but était alors de rester dans la simplicité, le film ne dépassant guère 65 minutes. Et c’est d’ailleurs ça qui fera sa force, son récit simple et émouvant fut adopté immédiatement par le public et la critique!
Le budget du film étant trois fois moins important que pour un long métrage d’animation habituel, les décors sont également d’une simplicité tout à fait charmante. L’animation quant à elle reste de grande qualité, Dumbo étant un pesonnage muet il fallait que toutes ses émotions passent par sa gestuelle et ses expressions, ce qui, on peut le dire est plutôt réussi! Son style graphique se rapproche alors plus des cartoons du studio que de ses précédents films. On doit l’animation du personnage de Dumbo à Bill Tytla qui anima également le démon dans la Séquence de Fantasia “Une Nuit sur le Mont Chauve”. Timothée la souris fut confié à Woolie Reitherman, encore alors jeune animateur plein d’ambitions (il finira réalisateur des films d’animation Disney des années 60 et 70). Enfin les corbeaux furent magnifiquement animé par Ward Kimball, le spécialiste des personnages loufoques.
Malgré sa sortie en salle deux semaines avant l’attaque de Pearl Harbor, Dumbo fut un succès et permis de remplir de nouveaux les caisses du studio. On a donc bien affaire à un chef-d’oeuvre, sous ses allures très simples, l’histoire de Dumbo fait avant tout passer de l’émotion et c’est bien tout ce qui compte pour passer un agréable moment! Retrouvez ci-dessous de magnifiques dessins de storyboards, quelques concept arts et les dessins préparatoires de la fameuse scène des éléphants roses!




Cinquième long métrage des Walt Disney Animation Studios, Bambi fut l’un des plus grands défis qu’ait eu à relever les artistes du studio depuis Blanche Neige et les Sept Nains. Que ce soit pour l’écriture de son scénario bien plus complexe qu’il n’y paraît, son animation très réaliste qui demanda beaucoup de recherches ou ses décors, chaque étape de production fut longue et difficile. Il fallut ainsi près de cinq ans au studio pour enfin dévoiler au monde son bébé, qui deviendra le dernier chef-d’œuvre du premier âge d’or des studios, mais aussi un des films les plus émouvants jamais réalisé du vivant de Walt…



Comme le montre si bien l’affiche originale du film, Bambi est à l’origine un roman écrit par Felix Salten. De son vrai nom Siegmund Salzmann, Salten est né le 6 septembre 1869 à Budapest. Dès l’âge de 16 ans, il quitte le lycée pour aller travailler dans une compagnie d’assurance. Ses premiers écrits (des poèmes) furent publiés à l’âge de 20 ans dans la revue littéraire An der schönen blauen Donau (le Beau Danube bleu). On le catalogue très vite au mouvement de la Jeune Vienne, mais contrairement à ses confrères, Salten n’était pas issu de la bourgoisie viennoise et vivait donc uniquement de ses écrits. Ses premiers romans datant de cette époque décrivent la grande ville, son terrain d’expérience. En automne 1894 Salten était devenu rédacteur à la Wiener Allgemeinen Zeitung, où il était critique théâtral. Cette fonction lui permettait d’encourager ses amis grâce à ses articles. Sa carrière de journaliste fit sa réputation et lui permit d’assouvir à côté sa passion pour l’écriture de romans. C’est lors d’un voyage dans les Alpes, charmé par la nature environnante, que Felix Salten imagina l’histoire d’un chevreuil baptisé « Bambi », d’après le mot italien bambino, qui signifie à la fois « bébé » et « enfant ». Bambi, Eine Lebensgeschichte aus dem Walde (Bambi, l’histoire d’une vie dans les bois) fit la célébrité de Felix Salten à sa sortie en 1923. Cette œuvre a été traduite en anglais dès 1928 et attira très vite les producteurs hollywoodiens. Après le succès de Bambi, ses éditeurs ne voulurent plus de lui que des romans animaliers. Toujours en 1923, Salten publie deux autres romans animaliers qui seront eux aussi adaptés par Disney mais en film live, d’abord Die Jugend des Eichhörnchens Perri (La jeunesse de l’écureuil Perri) sous le titre de The Story of Perri (Les Aventures de Perri) en 1957 et enfin Der Hund von Florenz (Le chien de Forence) sous le titre The Shaggy Dog (Quel vie de Chien!) en 1959. En 1940, Felix Salten écrit et publie une suite de son premier roman animalier Bambis Kinder, Eine Familie im Walde (Les enfants de Bambi, une famille dans la forêt). Felix Saltten s’éteint le 8 octobre 1945 à Zurich.

Réaliser une long métrage basé sur le roman de Salten remonte aux début des années 30. En 1933, le producteur Sidney A. Franklin achète les droits du roman à Salten pour 1000 dollars. Ne parvenant pas à concrétiser son projet de film en prise de vue réel, Franklin se rapproche alors de Walt Disney, qui avait annoncé en 1934, son projet de réaliser le premier long métrage d’animation. C’est ainsi qu’en 1935, Franklin écrit à plusieurs reprises à Disney afin de lui parler de son projet. Ce dernier se montre très enthousiaste à l’idée d’adapter Bambi en film d’animation, mais étant en pleine production de Blanche Neige et les Sept Nains, ce ne sera pas sa priorité. Néanmoins, Walt Disney accepte le projet, qui deviendra ainsi le second long métrage d’animation en production aux studios Disney. Néanmoins, accaparé par Blanche Neige et les Sept Nains (le film qui le ferait couler ou triompher), il faudra attendre décembre 1936 pour que Bambi soit enfin sur les rails. Le projet ne naît réellement qu’avec l’année 1937. Sa date de sortie était alors prévue pour Noël 1938, il faudra en réalité attendre quatre années de plus pour enfin voir débarquer le jeune faon sur les écrans de cinéma.
Début 1937, Walt Disney confie le scénario du film à Perce Pearce et Larry Morey qui auront la lourde charge d’adapter avec leur équipe de scénaristes le roman de Salten pour le cinéma. Ces derniers s’installent alors en face du studio Hyperion (le siège des studios Disney à l’époque), dans un bâtiment racheté par Disney qui sera surnommé “l’annexe”. Leur tâche première était de détacher du roman les “animaux star” afin d’en créer des personages dans ce qui deviendra le style Disney. Le roman de Salten était réaliste, sérieux et souvent sombre. Les scéaristes devaient ainsi jongler avec tout ces éléments pour en sortir un premier synopsis. La tâche fut bien plus longue et difficile que prévu, si bien que la sortie de Bambi devra être retardé pour laisser place à Pinocchio…

Les premiers tests d’animation débutent vers la fin de l’année 1939. Disney confie la supervision de l’animation à Frank Thomas, Milt Kahl, Eric Larson et Ollie Johnston. Il s’agit pour la plupart de leur première expérience à ce poste qu’ils occuperont durant une grande partie de leur carrière aux studios Disney. Deux test d’animation sont ainsi réalisé, un par Frank Thomas qui anime un plan où un papillon se pose sur la queue de Bambi et le second par Milt Kahl, qui réalise un plan où le jeune faon se risque à sauter par dessus un tronc d’arbre avec la maladresse du débutant. Ces tests sont présenté à Walt Disney qui s’exclamera, ému aux larmes : “Mes amis, c’est de l’or pur!”
Walt Disney, dans son soucis constant d’améliorer les capacités techniques de ses animateurs, engagea le peintre animalier Rico Lebrun pour enseigner la morphologie animalière à ses artistes. Un mini zoo fut ainsi installé au coeur même du studio. La comission du développement du Maine envoya deux jeunes faons destinés à être dessinés et photographiés tout au long de leur croissance. Au rayon des anecdotes peu ragoutantes , en plus d’animaux vivants, des cadavres furent utilisés pour les cours d’anatomie. Entre chaque cours, une “couche” de l’animal était ainsi retiré pour pouvoir l’étudier dans ses moindres détails. De jour en jour, l’odeur des cadavres en putréfaction faisait fuir, petit à petit une grande partie des élèves! Néanmoins, ces cours ont été extrêmement utiles, et le résultat final à l’écran bluffant de réalisme. Pour vous en convaincre d’avantage, je vous invite à étudier de près les animaux de la forêt dans Blanche Neige et les Sept Nains et ceux de Bambi, la différence saute vraiment aux yeux.

Le sujet naturaliste du film fait du décor l’un des aspects les plus importants de Bambi. Une équipe de photographes fut ainsi envoyée dans les forêts du Maine afin d’étudier de près la faune et la flore. Il sont revenus avec des centaines de photos, et des premiers test furent réalisé. Le premier date de 1938, il s’agissait d’une grande peinture verticale à l’aquarelle resprésentant la forêt dans un style à la fois proche de Blanche Neige et les Sept Nains et de la peinture chinoise. Malheureusement ces tests étaient un échec car les artistes travaillaient trop dans le détail, de plus la technique de l’aquarelle ne convenait pas vraiment au film. Bref, l’équipe patogeait et Walt Disney ne savait vraiment comment ils allaient s’en sortir… C’est alors qu’entre en scène Tyrus Wong. Ce jeune artiste d’origine chinoise avait été engagé aux studios quelques mois plus tôt, en tant qu’intervalliste. Mais ce poste ne lui convenait pas. En apprenant la mise en route de la production de Bambi, Tyrus Wong tenta sa chance et peignit ainsi durant ses week-ends des dizaines de peintures mettant en scène le jeune faon dans des paysages de tout styles. Il montra son travail à Tom Codrick, chargé de la direction artistique de Bambi. Ce dernier fut impressionné par la qualité de ses peintures et les soumis immédiatement à Walt Disney qui apprécia le talent singulier de Wong : “J’ai l’impression que l’on ne vous a pas dirigé vers le bon département”, reconnaît Codrick qui l’engagea aussitôt comme directeur artistique. Tyrus Wong multiplia ainsi avec talent les études préliminaires en utilisant différentes techniques : pastel, gouache et peinture à l’huile. Finalement, c’est l’utilisation de la peinture à l’huile comme support de fond associé à la gouache acrylique qui fut choisie pour donner d’avantage de profondeur de champ. La grande force de l’artiste était de ne pas peindre la forêt dans le détail, mais plutôt de donner l’impression d’une forêt. Les décors de Bambi peuvent donc pour la plupart être considérés comme de l’impressionisme!
Bambi sortit dans les salles américaines le 13 août 1942 et fut un beau succès commercial, malgré l’entrée en guerre du pays. Néanmoins, les critiques de la presse ne furent pas tendres, ils reprochaient au film d’être trop sombre et réaliste, pas assez cartoon… Bambi marque également la fin d’une époque aux studios Disney, réquisitionnés par l’armée quelques mois avant la sortie du film pour réaliser des films de propagande. Les budgets furent revus à la baisse, tout comme les recettes et les ambitions de Walt Disney… Il faudra attendre 1950 avec Cendrillon pour que le studio retrouve enfin ses lettres de noblesse!



Saludos Amigos, sixième long métrage des Walt Disney Animation Studios est sorti le 6 février 1943. Sa production débuta en 1941, après le retour d’un groupe d’artistes des studios d’un grand voyage en Amérique du Sud. Ce voyage avait pour but de promouvoir les valeurs américaines et parer ainsi la montée de l’influence de l’Allemagne nazie dans les différents pays du sud du continent.
Les temps sont durs aux studios Disney, après la fermeture du marché européen en 1939, une grève générale éclate en 1941, la plupart des employés réclamant les primes qui leur avaient été promises durant la production de Blanche Neige et les Sept Nains. Au lieu de satisfaire ses employés, Disney avait alors décidé de mettre en chantier de nouveaux studios à Burbank, jugeant ceux d’Hyperion Avenue trop petits. La proposition du gouvernement américain d’envoyer Walt Disney et son équipe d’artistes en Amérique du Sud arriva donc à point nommé et lui permis ainsi de s’éloigner du conflit. Parmi les membres qui l’accompagnèrent on trouvait Lee et Mary Blair, Frank Thomas ou bien encore Norm Ferguson. De ce voyage naîtra donc Saludos Amigos mais aussi Les Trois Caballeros sorti en 1945.
Saludos Amigos est particulier en bien des points. Premièrement c’est le plus court Grand Classique jamais produit, 46 petites minutes! Ensuite c’est le seul Grand Classique où apparaît Walt Disney en personne, jouant dans les différentes scènes lives incorporées entre chaque courts métrages animés. Le temps étant à l’économie, relier plusieurs courts métrages entre eux était la meilleure solution afin de ne pas trop dépenser d’argent. On appellera très vite ce genre de long métrages des films packages. Saludos Amigos est composé de quatre courts métrages:
Saludos Amigos sera très bien accueillie à sa sortie en février 1943, même si certain lui reprochèrent d’être beaucoup moins abouti que les anciens Grands Classiques. Le film sera même un véritable triomphe en Amérique du Sud. Il fut nominé trois fois aux Oscars® pour la meilleure musique, le meilleur son et la meilleure chanson (catégories dans lesquelles les films d’animation du studio vont souvent se retrouver).


The Three Caballeros (Les Trois Caballeros), septième long métrage des Walt Disney Animation est sorti le 3 février 1945. Sa production débuta en 1941, après le retour d’un groupe d’artistes des studios d’un grand voyage en Amérique du Sud. Ce voyage avait pour but de promouvoir les valeurs américaines et parer ainsi la montée de l’influence de l’Allemagne nazie dans les différents pays du sud du continent.
Les temps sont durs aux studios Disney, après la fermeture du marché européen en 1939, une grève générale éclate en 1941, la plupart des employés réclamant les primes qui leur avaient été promises durant la production de Blanche Neige et les Sept Nains. Au lieu de satisfaire ses employés, Disney avait alors décidé de mettre en chantier de nouveaux studios à Burbank, jugeant ceux d’Hyperion Avenue désormais trop petits. La proposition du gouvernement américain d’envoyer Walt Disney et son équipe d’artistes en Amérique du Sud arriva donc à point nommé et lui permis ainsi de s’éloigner du conflit. Parmi les artistes qui l’accompagnèrent on trouvait Lee et Mary Blair, Frank Thomas ou bien encore Norm Ferguson. De ce voyage naîtra Saludos Amigos, sorti le 6 février 1943, quelques cartoons et Les Trois Caballeros, pour lequel une partie de l’équipe repartie en voyage pour Mexico afin de développer la partie mexicaine du film.
En revenant aux studios il était prévu que les artistes réalisent uniquement des courts métrages pour mettre à profit leur voyage, mais Walt Disney se rendit vite compte qu’il y avait largement de quoi réaliser un long métrage, voire deux. Il fut ainsi incorporé entre chaque scène animée des images de l’équipe tournée sur place en 16mm par Walt lui-même, afin d’arriver plus facilement (et surtout plus économiquement) au format long métrage.
Les Trois Caballeros a comme particularité d’être le premier Grand Classique Disney mélangeant dans une même scène des séquences live et de l’animation. Ce n’est pas la première fois que les studios Disney utilisaient cette technique qui fut exploitée dès les premières années de vie des studios avec la série des Alice Comedies (1923 -1927). On la retrouvera par la suite dans bon nombre de productions des studios au fil des décennies : Mélodie du Sud, Danny le Petit Mouton Noir, Mary Poppins, L’Apprentie Sorcière, Peter et Elliott le Dragon, Qui Veut la Peau de Roger Rabbit et Il Etait un Fois.

Comme Saludos Amigos, Les Trois Caballeros remporta un vif succés aux Etats-Unis comme en Amérique du Sud et rempli sa tâche à merveille (se rapprocher des pays du sud du continent). Et comme le fit remarquer Walt quelques années plus tard, “le gouvernement n’a pas lâché un centime là-dessus, nous avons financé notre voyage et nos deux films!” Cela fait partie de ses plus grandes fiertés.



La Boîte à Musique est le huitième long métrage des studios Disney. Sortie le 15 août 1946 aux Etats-Unis, c’est le premier film à sortir après-guerre. Durant près de quatre années, les studios Disney avaient été réquisitionné par l’armée américaine afin de créer des films d’animation de propagande ainsi que d’autres parlant de l’amitié entre les Etats-Unis et l’Amérique latine (Saludos Amigos, Les Trois Caballeros), la patriotisme était donc de mise! Ces différents films permirent aux studios de continuer ses activités durant la guerre mais n’engendrèrent que très peu de bénéfices, la marché européen étant totalement fermé. La solution fut donc prise de réaliser des films à coût réduit (Pinocchio, Fantasia ou encore Bambi avaient coûté une véritable fortune). C’est ainsi que pendant encore quelques années le studio ne sorti que des films dit “package”. Les films package étaient en fait une suite de courts métrages mis les uns à la suite des autres afin de créer un long métrage d’1h30. Inauguré en 1943 avec Saludos Amigos, ce style perdura jusqu’en 1949 avec Le Crapaud et le Maître d’Ecole.
La Boîte à Musique est lui constitué de onze courts métrages à la qualité assez inégale. Certain sont de véritable petits bijoux : The Martins and the Coys, All the Cats Join In, Casey at the Bat (qui aura droit à une suite en 1954, Casey Bats Again), Peter and the Wolf, Johnny Fedora and Alice Bluebonnet, The Whale Who Wanted to Sing at the Met. D’autre sont par contre ennuyeux et plutôt médiocres : Blue Bayou (réalisé à l’origine pour la suite de Fantasia), Without You, Two Silhouettes, After You’ve Gone. Les courts de qualité étant plus nombreux on peut tout de même dire que ce long métrage reste intéressant pour tout passioné d’animation.
La Boîte à Musique fait également parti des rares longs métrages d’animation Disney à ne pas être sorti en DVD (tout comme Mélodie du Sud). Un comble quand on sait que Disney France a mis en place une numérotation qui ne sera jamais complète (La Boîte à Musique est le numéro huit et Mélodie du Sud le numéro neuf). La raison de cette absence est apparemment un problème de droit sur la bande son française du film, bande son où l’on pouvait d’ailleurs retrouver la voix d’Edith Piaf sur le court métrage Johnny Fedora and Alice Bluebonnet. Les américains ont eu plus de chance que nous, le film est bien sortie chez eux mais cette fois tronqué d’un de ses courts métrages, The Martins and the Coys, jugé trop violent et faisant l’apologie des armes à feu!
Si par hasard vous souhaitiez vous procurer une version DVD du film (non censuré), Olikos, du forum Disney Central Plaza et webmaster du site lesgrandsclassique.fr a créer une très belle édition avec vf er vostfr et une magnifique jaquette réalisée par Scamp. Plus d’infos dans la rubrique DVD de fans de son site!


Mélodie du Sud est le onzième long métrage des studios Disney. Sortie le 12 novembre 1946 aux Etats-Unis, c’est le second film des studios à sortir après-guerre (le premier étant La Boîte à Musique) et le premier film mettant en scène de véritables acteurs (Le Dragon Récalcitrant et Victoires des les Airs étant plus considérés comme des documentaires). Durant près de quatre années, les studios Disney avaient été réquisitionné par l’armée américaine afin de créer des films d’animation de propagande ainsi que divers cartoons et longs métrages parlant de l’amitié entre les Etats-Unis et l’Amérique latine (Saludos Amigos, Les Trois Caballeros), le patriotisme était donc de mise! Ces différents films permirent aux studios de continuer ses activités durant la guerre mais n’engendrèrent que très peu de bénéfices, le marché européen étant totalement fermé et les américains ayant d’autre priorités que de se rendre au cinéma. La solution fut donc de réaliser des films à coût réduit (Pinocchio, Fantasia ou encore Bambi avaient coûté une véritable fortune). La première idée fut de réaliser des films dit “packages”, composés de divers courts ou moyens métrages. La seconde moitié des années 40 fut ainsi envahit par ces productions : La Boîte à Musique (1946), Coquin de Printemps (1947), Mélodie Cocktail (1948) et enfin Le Crapaud et le Maître d’Ecole (1949). Mais une autre solution fut également de mélanger des séquences live avec des séquences animées, le prix d’une minute de film étant bien moins coûteuse qu’une minute d’animation. Deux lo
Mélodie du Sud est inspiré des récits de l’Oncle Remus de Joel Chandlet Harris, parus entre 1880 et 1905 et très prisés par Walt depuis l’enfance. Voici ce que le maître disait à propos des raisons de la réalisation de ce premier film live : Je devais absolument me diversifier. Je n’ignorais pas que la diversification de mon travail en représenterait la sauvegarde. J’avais déjà tenté cette expérience avant, car je ne voulais pas me restreindre avec Mickey Mouse. Voilà pourquoi j’avais élaboré les Silly Symphonies, qui résolurent le problème. Et ces Silly Symphonies aboutirent aux longs métrages. Sans les recherches effectuées sur les Silly Symphonies, je n’aurais jamais put aborder Blanche Neige et les Sept Nains. En outre, nombre d’investigations menées dans les Silly Symphonies contenaient déjà en substance les grande lignes de Fantasia. J’y ai traité avec soin des éléments que je ne pouvais réutiliser autrement. A présent je souhaite dépasser ce stade. Je veux aller au delà du dessin animé, dans la mesure où cette discipline s’est sclérosée dans ses propres limites. J’ai tout essayé : en faire indifféremment du sept-huit minutes ou du quatre-vingt minutes; les assembler, en aligner cinq ou six à la suite pour constituer un long métrage. A présent je dois aller plus loin dans la diversité et ceci signifie ni plus ni moins l’action réelle.
Mélodie du Sud comportait 70% d’actions réelles et 30% d’animation dont quelques scènes mélangeant les deux procédés. Ce n’est pas la première fois que les studios Disney utilisaient cette technique qui fut exploitée dès les premières années de vie des studios avec la série des Alice Comedies (1923 -1927). On la retrouve ensuite dans Les Trois Caballeros où elle est utilisée pour la première fois en technicolor.
Cette entrée dans les productions live va également permettre à de jeunes acteurs de se faire un nom dans le milieu du cinéma hollywoodien. Outre James Baskett qui incarne un Oncle Rémus des plus sympathiques, les deux rôles principaux sont attribués à Bobby Driscoll et Luana Patten, respectivement 8 et 7 ans à l’époque du tournage des séquences lives. Les deux enfants deviendront vite les premières stars Disney. Bobby Driscoll jouera ainsi dans divers productions des studios tels que Mélodie Cocktail, Danny le Petit Mouton Noir, L’Ile au Trésor et prêtera également sa voix à Peter dans Peter Pan. Quant à Luana Patten on la retrouvera dans Coquin de Printemps, Mélodie Cocktail et Johnny Tremain, un film Disney de 1957. Mais le destin des enfants stars s’avère parfois tragique… Après des années de galère, de rôles médiocres et de toxicomanie, Bobby Driscoll décèdera en mars 1968 à l’âge de 31 ans. Luana Patten décède elle à l’âge de 57 ans d’insuffisance respiratoire en mai 1996.
La première de Mélodie du Sud eut lieu à Atlanta, où on vénérait Joel Chandler Harris. Le film reçut un acceuil presque aussi chaleureux qu’Autant en Emporte le Vent. Zip-A-Deeh-Dooh-Dah, la chanson phare du film reçu l’Oscar® de la meilleure chanson en 1947, et James Baskett obtint un prix spécial pour son rôle d’Oncle Remus. Mais les recettes de Mélodie du Sud ne furent guère mirobolantes (226 000 $), inaptes à compenser le prix de revient élevés du film (2 125 000 $). Les critiques reprochaient au film de faire l’apologie de l’esclavage, en donnant une vision trop positive de cette période. Le public suivit les critiques et bouda le film à sa sortie.
Mélodie du Sud eut tout de même droit à quelques ressorties au cinéma outre-atlantique (en 1956, 1973, 1980 et 1986) mais ne fut jamais proposé en vidéo aux Etats-Unis. En France le film est sorti en VHS en 1991 et 1996 mais n’a jamais été édité en DVD. Le film fait pourtant parti de la collection numérotée mais la maison mère interdit toute publication en raison de la trame de fond du film (l’esclavage). Mélodie du Sud a ainsi sombré dans l’oubli au fil des années et reste aujourd’hui méconnu du grand public…
Pour terminer je vous invite à découvrir ci-dessous une galerie de recherches graphiques réalisées par la grande Mary Blair.



13ème long métrage des Walt Disney Animation Studios, Melody Time (Mélodie Cocktail) est l’avant dernier film dit “package” des années 40. Il fait parti des quelques films des studios à avoir été complètement oublié de nos jours. Les temps sont durs aux studios Disney au début des années 40, après la fermeture du marché européen en 1939, dut à la guerre, une grève générale éclate en 1941, la plupart des employés réclamant les primes qui leur avaient été promises durant la production de Blanche Neige et les Sept Nains. Au lieu de satisfaire ses employés, Disney avait alors décidé de mettre en chantier de nouveaux studios à Burbank, jugeant ceux d’Hyperion Avenue trop petits. C’est dans ce contexte économique et sociale difficile que Walt Disney met en chantier plusieurs films à petit budget, espérant ainsi pouvoir palier aux manques de recettes de ses dernières productions. En effet, Pinocchio tout comme Fantasia, aussi fabuleux soient-ils avaient coûté des millions de dollars et n’en n’avaient que trop peu rapporté. En parallèle à cela, les studios Disney ont été réquisitionné par l’armée dès 1941 pour réaliser des films de propagande dont le long métrage Vicoire dans les Airs, ou bien encore le mémorable Der Fuehrer’s Face, mettant en scène Donald Duck devenu esclave du troisième Reich.
Mélodie Cocktail fait parti de la dernière vague de productions à petit budget. Le film est composé de sept courts métrages d’animation : C’est un Souvenir de Décembre, Bumble Boogie, Johnny Pépin de Pomme, Petit Toot, A la Gloire d’un Arbre, C’est la Faute de la Samba et Pecos Bill.Tout comme La Boîte à Musique ou Fantasia, Mélodie Cocktail met en scènes des numéros musicaux.
Mélodie Cocktail est sorti au cinéma le 27 mai 1948 et n’a jamais eu l’honneur d’une ressortie par la suite. Cependant les différents courts métrages sont ressortis indépendamment sur grand écran entre 1954 et 1955. Cette même années cinq des sept cartoons de Mélodie Cocktail sont jumelés à quatre cartoons de La Boîte à Musique pour former Music Land, sorti au cinéma uniquement aux Etats-Unis, le 5 octobre 1955.



So Dear to my Heart (Danny, le Petit Mouton Noir) est un long métrage sorti en 1949 mêlant prises de vue réelles et séquences d’animation. Après Mélodie du Sud, sorti trois ans plus tôt, Walt Disney continue sur sa lancée des films live, se séparant petit à petit du monde de l’animation, avant de complétement le laisser de côté en 1950 avec L’Ile au Trésor, premier film du studio sans aucune séquence d’animation.
C’est en 1946 que le projet voit le jour, lorsque Walt Disney décide d’adapter le livre de Sterling North, Midnight and Jeremiah, publié en 1943. Le récit de North lui a beaucoup plut, lui rappelant son enfance à Marceline, dans la ferme familiale. C’est d’ailleurs ce détail qui fera de Danny, le Petit Mouton Noir l’un des films favoris de Walt Disney. Baigné de nostalgie, l’histoire se passe au début du XXème siècle dans une petite ville américaine et met en vedette un jeune garçon prénommé Jeremiah qui rêve d’élever un cheval de course. Mais sa famille est pauvre et il sait bien que ce rêve est irréalisable. Pour autant, il ne baisse pas les bras et porte alors son dévolu sur un jeune mouton noir, alors rejeté par sa mère, qu’il désire présenter aux concours animalier locaux. Grâce aux conseils avisés de personnages animés tiré de ses livres de collage, Jeremiah apprendra de nombreuses vertus tel que la patience, le dépassement de soi et le dévouement, ce qui lui permettra de réaliser ses rêves.
Walt Disney confie la réalisation des séquences live à Harold D. Schuster. Walt avait vu son dernier film, Mon amie Flicka chez lui, avec sa femme et ses deux filles, toute la famille ayant beaucoup apprécié le film. Ce serait une des raisons qui ont poussé Disney à choisir Schuster. Le tournage de Danny, le Petit Mouton Noir débute en avril 1946 dans le Parc national de Sequoia, avant de se déplacer aux studios Disney à Burbank. A cette époque, les studios Disney n’avaient qu’un seul plateau de tournage, le stage 1 construit en 1940 en même temps que le studio, qui faisait à peine 1000 m2. Il faudra attendre 1949 pour voir apparaître le stage 2, construit pour le développement de programmes TV. Ainsi, de nombreuses scènes en intérieur furent reconstitué directement sur les lieux de tournage en extérieur. La boutique de l’épicier Pete Grundy a été reconstituée sur site grâce à une vieille boutique similaire de Porterville depuis longtemps fermée qui a été rachetée par le studio et déplacée. La ferme et la maison de Grand-mère Kincaid sont des créations des décorateurs, mais la station de train était préexistante ainsi que les rails. La locomotive et ses wagons ont été loués au studio Paramount. L’implication de Walt Disney dans le film est d’après les souvenirs de Schuster marquée par ses venues sur le tournage en extérieur le week-end qui donnaient lieu à des repas et des discussions détendus. Toutefois, la méthode de travail de Walt a dû changer pour le cinéma en prises de vue réelles, sa participation devait se faire plus durant la pré et la post-production pour ne pas empiéter sur le travail du réalisateur.
Le rôle principal de Danny le Petit Mouton Noir, le jeune Jeremiah, est interprété par Bobby Driscoll, déjà connu pour son rôle dans Mélodie du Sud. Tout comme la petite Luana Patten qui tourne pour la seconde fois avec le jeune acteur. Les deux enfants deviendront vite les premières stars Disney. Bobby Driscoll jouera ainsi dans divers productions des studios tels que Mélodie Cocktail, L’Ile au Trésor et prêtera également sa voix à Peter dans Peter Pan. Quant à Luana Patten on la retrouvera dans Coquin de Printemps, Mélodie Cocktail et Johnny Tremain, un film Disney de 1957. Mais le destin des enfants stars s’avère parfois tragique… Après des années de galère, de rôles médiocres et de toxicomanie, Bobby Driscoll décèdera en mars 1968 à l’âge de 31 ans. Luana Patten décède elle à l’âge de 57 ans d’insuffisance respiratoire en mai 1996.
Le 24 juin 1946, Disney signe un contrat de distribution avec RKO pour quatre films, dont Danny, le Petit Mouton Noir. Le contrat stipule que ces films doivent comporter de l’animation. En effet, RKO ne semble pas encore convaincu du pouvoir d’attraction d’un Disney sans animation. Walt Disney rajoute ainsi à contre-cœur quinze minutes d’animation au film, qui seront terminé en août 1948. Le film sort sur les écrans américains le 19 janvier 1949. Les critiques sont plutôt séduites par le film, en particulier par ses séquences live (les scènes animées sont jugé inutiles) qu’elles trouvent remarquables. Le public par contre ne suit pas, le film sera un échec commercial… Danny, le Petit Mouton Noir aura tout de même droit à une nomination aux Oscars dans la catégorie Meilleure Chanson pour Lavender Blue. Malgré son impopularité, le film ressortira au cinéma en 1964.



The Adventures of Ichabod and Mister Toad (Le Crapaud et le Maître d’Ecole) est le 11ème long métrage des Walt Disney Animation Studios et le dernier des films dit “package”, de la décennie. Ces films “package” sont apparus en 1943, en pleine Seconde Guerre mondiale, afin de permettre aux studios Disney de rester présent dans les salles de cinéma, tout en faisant des économies au niveau de la production. En effet ces films constitués de plusieurs cartoons inédits étaient au moins deux fois moins cher à réaliser qu’un long métrage normal. L’animation était moins étudiée, les décors plus simples, et les scénarios moins élaborés étant donné la durée des cartoons. Nous retrouvons parmi ces films “package” Saludos Amigos, Les Trois Caballeros, La Boîte à Musique, Coquin de Printemps, Mélodie Cocktail, et enfin Le Crapaud et le Maître d’Ecole.
Ce dernier est constitué de deux moyens métrages : La Mare aux Grenouilles (The Wind in the Willows) et La Légende de la Vallée Endormie (The Legend of Sleepy Hollow). Le premier est inspiré d’un classique de la littérature anglaise, Le Vent dans les Saules, de l’auteur écossais Kenneth Grahame. Il raconte l’histoire de Crapaud Baron Têtard dont la passion débordante pour les automobiles inquiète grandement ses amis Taupe, Rat et Angus McBlaireau, surtout quand Crapaud échange son manoir ancestral à des fouines contre un bolide volé… Monsieur Crapaud se met rapidement à flâner sans but sur les routes, jusqu’au jour où sa drôle d’escapade le mène derrière les barreaux. Ses amis s’acharnent à prouver son innocence en allant chercher des preuves dans son ancien manoir occupé par des bandits. Publié pour la première fois en 1908, le roman est directement inspiré d’histoires que l’auteur racontait à son fils avant de s’endormir. L’ouvrage ne rencontra guère de succès à sa sortie, il devint un classique qu’après de nombreuses années. C’est la seconde adaptation d’une histoire de Kenneth Grahame par les studios Disney qui avaient déjà adapté Le Dragon Récalcitrant sorti en 1941.
La Légende de la Vallée Endormie est quant à lui tiré du recueil de nouvelles de Washington Irving, The Sketch Book of Geoffrey Crayon, publié en 1819. Nous suivons les aventures d’Ichabod Crane qui, un jour d’automne, est nommé nouveau professeur du village de Sleppy Hollow. Arrivé sur les lieux, il rencontre une jeune fille riche, Katrina Van Tassel, dont il tombe immédiatement amoureux. Il réussit à écarter Katrina de Brom Bones, la brute de la bourgade qui aime lui aussi la séductrice. Furieux, Brom décide pour se venger de raconter aux villageois l’effrayante légende du Cavalier sans tête à la soirée d’Halloween. Mais après la fête, Ichabod doit retourner seul chez lui en pleine nuit, en passant par la forêt… Bien plus américain que son voisin batracien, cette nouvelle a également eu droit à une adaptation en film live par Tim Burton (qui fut animateur puis réalisateur pour Disney) en 1999.
Le Crapaud et la Maître d’Ecole est sorti le 5 octobre 1949 sur les écrans américains et fut bien accueilli par la presse et le public, sorte d’avant-goût du renouveau des films d’animation Disney, à l’aube d’un nouvel âge d’or. Le film n’est par la suite plus jamais ressorti sous sa forme originelle au cinéma. Néanmoins on retrouve les deux moyens métrages sur le petit écran en 1955, diffusés dans la célèbre émission Disneyland. La Légende de la Vallée Endormie ressort ensuite seul au cinéma en 1958, suivi de La Mare aux Grenouilles en 1975. Il faudra attendre 2003, et la sortie du film en DVD, pour enfin redécouvrir ce Grand Classique dans sa version d’origine, avec ses scènes de transition d’époque.



L’aventure de Toy Story débute officiellement en mai 1991, lorsque Disney signe un contrat avec les studios Pixar pour la réalisation d’un long métrage d’animation en images de synthèse. A l’origine, Pixar avait proposé à Disney un programme télévisuel de trente minutes pour Noël inspiré du court métrage Tin Toy sorti en 1988. Mais Disney, impressionné par le parcours du petit studio californien depuis sa création en 1979 au sein d’ILM, leur donna en échange le feu vert pour un long métrage! John Lasseter, le leader créatif des studios Pixar n’en revenait pas, dix ans après son licenciement de chez Disney, voilà qu’ils avaient à nouveau grand besoin de lui. Et vice et versa, autant Pixar avait de l’imagination et de l’enthousiasme à revendre, autant Disney leur permettrai un financement et une campagne marketing de premier choix.
La réalisation d’un long métrage d’animation en images de synthèse était le but premier des studios Pixar depuis leur création. Au départ Pixar n’était qu’une petite entité d’ILM concentré sur l’animation et les effets spéciaux assistés par ordinateur. Après un premier court métrage, The Adventures of André & Wally B., en 1984, l’équipe se pencha sur les effets spéciaux d’une scène du film Le Secret de la Pyramide, qui sera alors le premier film avec effets spéciaux numériques. Après le rachat du studio par Steve Jobs en 1986 (Lucas Film ayant fait la grosse erreur de se séparer d’eux) et la sortie du court métrage Luxo Jr., Pixar commençait à être de plus en plus reconnu dans le monde de l’animation. En plus d’avancées technologiques impressionnantes, les artistes de Pixar (en particulier John Lasseter), avaient insufflé de la vie à leurs personnages, ce qui rendait cette 3D encore balbutiante beaucoup moins froide qu’auparavant. Après divers courts métrages (Red’s Dream, Tin Toy, Knick Knack) et la réalisation de plusieurs publicités, les studios allaient enfin pouvoir réaliser leur rêve de long métrage grâce à Disney, qui financera leur projet. La tâche va s’avérer ardu, pratiquement personne chez Pixar n’avait déjà travaillé sur un long métrage, ils auraient énormément de choses à apprendre. De plus leur film allait être le tout premier film d’animation entièrement réalisé en images de synthèse, c’était un grand pas vers l’inconnu et un sacré défi. Mais ce n’est pas ça qui les auraient découragé, bien au contraire.
La ligne de conduite pour ce long métrage était la suivante : pas de conte de fée, pas de personnages qui chante, en gros Pixar ne voulait pas faire un film Disney traditionnel, mais trouver leur propre style. De ce côté Disney leur avait laissé carte blanche, et cette liberté angoissait quelque peu les artistes des studios Pixar. John Lasseter voulait un film dans la continuité de Tin Toy, une histoire de jouets. Au départ Toy Story (nom provisoire du film qui sera finalement le titre définitif) devait être l’histoire de Tinny (le personnage principal de Tin Toy) qui part en vacances avec son propriétaire. Celui-ci l’oubli sur une aire d’autoroute, il est alors trouvé par un chineur qui le jette dans son camion. Il y fait la rencontre d’une marionnette ventriloque et ils décident de s’entraider. A la fin les deux compères finissaient dans une sorte de paradis des jouets (une école maternelle) où ils ne seraient plus jamais perdus, ni délaissés. Puis le scénario fut modifié et on déplaça l’histoire dans une chambre d’enfant. Un jeune garçon reçoit un nouveau jouet à son anniversaire qui rejoint ses vieux jouets. Mais ça paraissait étrange qu’un vieux jouet démodé comme Tinny devienne le jouet préféré d’un petit garçon. Il fut alors décidé de créer des jouets de toutes pièces. Tinny fut remplacé par Lunar Larry (qui sera par la suite renommé Buzz Lightyear) et la marionnette ventriloque échangea son chapeau haut de forme contre un costume de cow-boy.
Un première version du film sous forme de storyboards fut présenté aux dirigeants des studios Disney en décembre 1993. Même si les scénaristes de Pixar avaient de grandes libertés sur leur film, l’accord des dirigeants était indispensable pour lancer la production. Et ce fut un désastre. Rien ne fonctionnait, ce n’était ni drôle, ni émouvant et le récit manquait cruellement de rythme. Les personnages ne fonctionnaient pas. Woody était le personnage le plus énervant jamais vu à l’écran. En fait, à force de se plier à toutes les rectifications que voulait apporter Disney au film, Toy Story ne ressemblait plus à ce que John Lasseter avait imaginé. Disney voulut alors stopper la production et demanda à Pixar de faire des coupes dans le budget en licenciant une partie de leurs employés, ce qu’ils refusèrent de faire. A la place ils se remirent immédiatement au travail et réécrivirent le scénario. Tout le monde était extrêmement motivé, ils savaient que c’était leur dernière chance de prouver de quoi ils étaient capables et il ne fallait pas la laisser passer. En seulement trois semaines l’équipe du film avait réalisé un nouveau storyboard! Il fut présenté à Disney qui l’approuva, ce n’était pas parfait mais cela prouvait que le film avait un potentiel. La production de Toy Story pouvait enfin commencer.
Thom Hanks et Tim Allen furent choisit pour interpréter Woody et Buzz. Contrairement à beaucoup de films d’animation, les acteurs eurent ici une grande influence sur la conception des personnages. Tim Allen par exemple insuffla beaucoup de douceur à Buzz, qui était à la base un simple héros venu de l’espace, fier et arrogant. Il en fit une sorte de policier intergalactique égocentrique, rempli d’humour et de naïveté. Tom Hanks accepta quant à lui très vite le rôle de Woody, et ce grâce à un test d’animation du personnage avec sa voix tiré d’un de ses précédents films. Il trouva cela génial et accepta sur le champs de participer au projet. Sa voix chalereuse permit de rendre Woody un peu plus enthousiaste et sympathique.
Les musiques de Toy Story furent confié à Randy Newman. Tout d’abord musicien, Randy devint compositeur en 1965 avec la réalisation de la bande originale du film Peyton Place. Il se fit surtout connaitre dans ce domaine à partir de 1981 avec la musique de Ragtime puis Maverick en 1994. Toy Story était son premier projet de musique de film d’animation, ce qui était parfait pour l’équipe qui désirait une musique tout aussi différente que le scénario. En plus de la musique, Randy Newman écrivit plusieurs chansons pour le film dont You’ve Got A Friend In Me, qui devint très vite populaire lors de la sortie du film. Son style et ses sonorités mélangeant jazz et country étaient parfaites pour le film, le résultat final était tout a fait celui recherché.
Toy Story sorti le 22 novembre 1995 aux Etats-Unis et fut un véritable triomphe dès les premiers jours d’exploitations. Malgré un budget très serré, le film engrangea plus de 350 millions de dollars de recettes dans le monde et ouvrit la voie à une toute nouvelle génération de films d’animation. Sorte de Blanche Neige et les Sept Nains des temps modernes, Toy Story reste, des années après sa sortie toujours aussi bon, malgré une 3D dépassée depuis longtemps. Le secret du film est bien entendu un scénario en béton et des personnages charismatiques et attachants, la technologie 3D n’étant au final qu’un “banal” outil. Voilà pourquoi Toy Story restera un film inoubliable, qui fait désormais parti de l’histoire.
Toy Story 2 est le troisième long métrage des studios Pixar. Après l’énorme succès du premier film, Disney décida immédiatement que Toy Story devrait avoir une suite. Tout d’abord prévu pour le marché de la vidéo, le film sorti finalement au cinéma en 1999, après que John Lasseter ai joué des pieds et des mains pour prouver que son film méritait de passer dans les salles obscures. En effet, à cette époque, les studios Disney était en pleine production de nombreuses suites de Grands Classiques qu’ils destinaient au marché de la vidéo. Mais tout était différent pour un film en images de synthèse. Cinq ans séparent le premier film de Toy Story 2, la technologie a énormément évolué durant ce court laps de temps. Cela permit aux scénaristes d’imaginer une histoire se passant dans bien plus d’endroits que dans Toy Story où l’on se cantonnait à la chambre d’Andy, la maison de Syd et un bref passage à Pizza Planet. Ils étaient ainsi plus libres de créer une suite exactement comme il l’auraient souhaité. Autre avantage pour cette suite, de nombreuses idées écartées lors de la réalisation du premier film refirent surface pour le second! La scène du cauchemar de Woody par exemple était à l’origine rattaché à Toy Story. Tout ces éléments mis bout à bout firent de Toy Story 2 une des rares suites à surpasser le film original.
L’histoire de Toy Story 2 s’inspire directement de l’expérience de John Lasseter. Ce dernier est un grand collectionneur de jouets, dont beaucoup d’anciens et de pièces uniques hors de prix. Lorsque ses jeunes garçons viennent à son bureau ils adorent jouer avec tout ces objets de collection, ce qui a pour conséquence de mettre Lasseter dans un état de panique permanent! C’est de cette attitude plutôt étrange (les jouets sont fait pour les enfants, pas pour prendre la poussière sur une étagère), qu’est parti le scénario de Toy Story 2.
Nous retrouvons à nouveau John Lasseter à la réalisation de ce second volet, mais cette fois-ci deux co-réalisateurs l’accompagnent : Lee Unkrich et Ash Brannon. Diplômé de l’école de cinéma de l’USC (University of Southern California) en 1991, Lee Unkrich entame sa carrière dans le cinéma et la télévision en prises de vue réelles, travaillant notamment sur la série Les Dessous de Palm Beach. Arrivé en 1994 chez Pixar, il travaille comme monteur sur Toy Story en 1995, puis sur 1001 Pattes (a bug’s life) en 1998, pour lequel il assure également certaines voix additionnelles. Co-réalisateur, monteur et à nouveau voix additionnelles sur Toy Story 2 en 1999, Lee Unkrich co-signe par la suite Monstres & Cie en 2001. Deux ans plus tard, il coréalise avec Andrew Stanton, Le Monde de Nemo avant de devenir pour la première fois réalisateur sur Toy Story 3.
Ash Brannon débute sa carrière aux Walt Disney Animation Studios en tant que stagiaire au département animation sur La Petite Sirène. Il rejoint ensuite Warner Bros Feature Animation en tant qu’animateur. On le retrouve par la suite aux studios Pixar où il est engagé en 1994 pour travailler sur l’adaptation vidéoludique de Toy Story puis de 1001 Pattes (a bug’s life). Après avoir co-réalisé Toy Story 2, Ash Brannon part rejoindre Dreamworks Animation pour travailler sur Space Monkeys, film qui sera finalement annulé. Brannon quitte alors Dreamworks pour rejoindre les studios d’animation de Sony pour réaliser Les Rois de la Glisse sorti en 2007. Il serait en ce moment en train de travailler sur un nouveau film nommé Turkeys.
La production de Toy Story 2 fut certainement une des plus difficiles pour les artistes du studio. Tout d’abord destiné au marché de la vidéo, Toy Story 2 aurait dut demander moins de temps et de travail. Le second projet de long métrage des studios, 1001 Pattes (a bug’s life) était déjà en route lorsque Pixar accepta de réaliser une suite à Toy Story. Disney souhaitait sortir le film uniquement en vidéo, au grand dame de Pixar qui ne voulait pas faire une suite au rabais de son premier bébé… Ils acceptèrent néanmoins, l’équipe se sentant capable de travailler sur deux projets simultanément, l’un pour le cinéma et l’autre pour la vidéo. Mais la donne changea lorsque Disney décida, sous l’impulsion de John Lasseter, de sortir Toy Story 2 au cinéma. C’était alors deux productions de long métrages destinées aux salles obscures qui étaient mise en chantier pratiquement en même temps! Un gros défi pour Pixar qui ne comptait pas à cette époque une aussi grosse équipe créative qu’aujourd’hui. Alors que Toy Story 2 aurait dut-être produit par une équipe moins expérimentée (pour ne pas dire moins talentueuse) pendant que les “vétérans” travaillaient sur 1001 Pattes (a bug’s life), ces derniers durent mettre les bouchées double et travailler sur les deux projets en même temps pour pouvoir sortir Toy Story 2 dans les délais, c’est à dire seulement un an après 1001 Pattes (a bug’s life). La production fut ainsi extrêmement rapide… Et éreintante! Le scénario initialement prévu pour la sortie en vidéo fut raboté de tout côté pour ne garder que le meilleur, certaines scènes abandonnées du premier film furent également reprise afin d’allonger l’intrigue. Cette lourde tâche fut confiée à plusieurs hommes ayant déjà fait leur preuves, Pete Docter (futur réalisateur de Monstres & Cie, Là-Haut et Inside Out), Andrew Stanton (futur réalisateur de Le Monde de Nemo et WALL•E) et le regretté Joe Ranft. La pression sur les studios Pixar était grande, Disney leur faisaient entièrement confiance et il n’était pas question de se rater!
Finalement, au grand soulagement de Disney, Toy Story 2 fut terminé dans les temps et sortit à la date prévue, le 13 novembre 1999. Le film fut sans surprise un énorme succès, il rapporta la coquette somme de 245 millions de dollars sur le sol américain et 239 millions de dollars dans le monde. L’engouement pour la bande à Woody est ainsi resté intact durant ces cinq années d’absence! Le film eut droit à une ressortie au cinéma en 2009 en Disney Digital 3-D, tout comme le premier opus, pour patienter avant la sortie du troisième volet de la saga prévu pour 2010. Terminons avec une petite anecdote pour vous la péter devant vos amis : Toy Story 2 fut le premier film à être projeté en numérique en Europe, le 2 février 2000 au Gaumont Aquaboulevard de Paris.


Finding Nemo (Le Monde de Nemo) est le cinquième film d’animation des studios Pixar et la seconde réalisation d’Andrew Stanton. Cette fois-ci il a comme coréalisateur Lee Unkrich, futur réalisateur de Toy Story 3.
Andrew Stanton est né le 3 décembre 1965 à Rockport dans le Massachusetts. Il est arrivée chez Pixar en 1990 après une formation à CalArts en tant qu’animateur. Ce sont ses courts métrages animés, Somewhere in the Arctic, lauréat du Nissan/ Focus Award, et A Story qui lui ont permis d’être sélectionné comme directeur de l’animation et réalisateur de films publicitaires au sein de Pixar. Il fut le neuvième employé à rejoindre le studio. Scénariste sur chacun des longs métrages du studio, il a gagné l’Oscar du Meilleur Script pour Toy Story sorti en 1995 réalisé par John Lasseter et a coréalisé 1001 Pattes (a bug’s life) en 1998, toujours avec John Lasseter. Par la suite il fut producteur exécutif de Monstres & Cie tout en débutant en même temps l’écriture du (Le) Monde de Nemo en 1998. Pendant la production de ce dernier, Andrew Stanton commence un nouveau projet en tant que scénariste et réalisateur qui donnera WALL•E sorti en 2008. Il quitte ensuite les studios Pixar mais ne part pas très loin puisqu’on le retrouve, toujours pour Disney, à la réalisation de John Carter, son premier film live sorti en 2012.
Tout comme John Lasseter et l’univers automobile, Andrew Stanton a toujours été fasciné par le monde sous-marin. Il a longtemps cherché un moyen d’exploiter cet univers dans un film jusqu’à ce que des retrouvailles avec son jeune fils, après de longues séances de travail, servent d’élément déclencheur pour l’écriture du scénario. Pour convaincre John Lasseter que Le Monde de Nemo pouvait être le nouveau projet des studios Pixar, Stanton lui prépara une salle pleine à craquer d’éléments de développement visuel et en fit une présentation complète de plus d’une heure, au terme de laquelle Lasseter lui répondit simplement qu’il avait été convaincu dès que le mot “poisson” avait été prononcé!
Si Pixar avait jusqu’à présent donné naissance à des jouets, des insectes et des monstres, créer des poissons s’est révélé plus difficile encore. Dans leur démarche de création, les réalisateurs se sont tour à tour inspirés de visites d’aquariums et de conférences données par un ichtyologiste, spécialiste dans l’étude des poissons. N’hésitant pas à effectuer des plongées à Monterey et Hawaï, les cinéastes ont également installé leur propre aquarium chez Pixar, tout en allant chercher l’inspiration dans quelques scènes sous-marines extraites de Grands Classiques Disney comme Merlin l’Enchanteur, La Petite Sirène ou (plus étonnant) Bambi, qui par l’attention portée aux mouvements et à l’expressivité des animaux est finalement devenue la référence principale pour créer le film.
Le superviseur de l’animation Dylan Brown et ses deux directeurs de l’animation, Alan Barillaro et Mark Walsh, ont guidé une équipe d’animation comptant entre 28 et 50 personnes. Avec une gamme de personnages allant d’une petite crevette, Jacques, à une énorme baleine bleue, ils ont beaucoup appris sur la locomotion des poissons et ont dû faire interpréter à leurs personnages tout un éventail d’émotions et d’actions alors qu’ils n’ont ni bras, ni jambes, ni même un corps traditionnel…
Sur le plan visuel, Le Monde de Nemo est aussi séduisant du point de vue esthétique que novateur sur le plan technique. Le chef décorateur Ralph Eggleston, lauréat de l’Oscar pour la réalisation du court métrage For the Birds, et chef décorateur de Toy Story, a conçu le style visuel global du film. Il s’est rendu en Australie pour visiter le port de Sydney, et a visionné d’innombrables documentaires du Commandant Cousteau, de National Geographic et de la BBC.
Les deux directeurs de la photographie, Sharon Calahan et Jeremy Lasky, ont apporté leur approche pionnière de la mise en lumière et de la composition de l’image. La lumière créée par Calahan confère au film une densité visuelle digne d’un Technicolor moderne, et ses décors harmonieux, ses couleurs vibrantes et ses superbes reflets renforcent la richesse du monde sous-marin. L’expérience de Lasky en matière de composition de l’image (mouvements de caméra, mise en place des éléments) a ajouté à la sensation de se trouver sous l’eau et a renforcé les possibilités dramatiques du film.
La bande originale du film est l’oeuvre de Thomas Newman, qui succède à son cousin Randy Newman, pour l’illustration musicale d’un film Pixar. Le compositeur qui a débuté aux côtés de John Williams s’était notamment distingué pour ses partitions des films de Sam Mendens, American Beauty et Les Sentiers de la Perdition. La chanson du générique, Beyond the Sea, interprétée pour l’occasion par Robbie Williams est la variation anglo-saxonne de La Mer de Charles Trénet.
En 2004 Disney fut attaqué par un petit éditeur français du nom de Flaven Scene qui leur reprocha d’avoir tout simplement plagié le personnage de Nemo sur celui d’un de leur livre Pierrot le Poisson-clown. Malheureusement pour l’éditeur, Disney rapporta les preuves formelles que le film ainsi que ses personnages avaient été crée plusieurs années avant la publication de leur livre en novembre 2002, bien que Le Monde de Nemo ne soit lui sorti qu’en mai 2003. C’est ainsi que la balle changea de camps et que Flaven Scene se retrouva à payer 30.000 dollars de dommages et intérêts à Disney et Pixar ainsi que 8.000 euros à Disney Hachette édition pour plagiat!
Le Monde de Nemo fut un véritable tsunami au box office mondial avec plus de 700M$ de recettes, pour un budget initial estimé à 94M$, dépassant ainsi le record pour un film d’animation établit par Le Roi Lion en 1994. En France, Le Monde de Nemo fut le plus gros succès ciné de l’année 2003 en attirant plus de 9 millions de spectateurs dans les salles obscures. Devenu culte, le film aura droit à une ressortie en Disney Digital 3D le 14 septembre 2012 aux US (41M$ de recettes supplémentaires) et le 16 janvier 2013 en France. Par ailleurs, une suite serait en préparation et prévue pour une sortie courant 2016, mais rien n’a encore été officiellement annoncé…


En attendant la sortie du livre The Art of Wall-E (prévue pour le 17 avril), où nous pourrons découvrir des centaines de recherches du prochain film d’animation des studios Pixar, voici un dernier post consacré aux recherches graphiques de Ratatouille tirées du livre The Art of Ratatouille. Pour ce dernier aperçu de ce merveilleux ouvrage, j’ai pensé qu’il était bon de s’attarder sur les différents décors et ambiances du film. Vous pourrez remarquer que, malgré le fait que presque tout ces dessins soient crée par ordinateur, il ne fait aucun doute qu’ils restent de très grande qualité. (commander The Art of Ratatouille sur amazon.com).



Cars - Quatre Roues est le septième film d’animation des studios Pixar et la quatrième réalisation d’un de ses employés les plus prestigieux, Monsieur John Lasseter. Après avoir terminé ses études à Cal Arts, John débuta sa brillante carrière chez Disney au début des années 80 en tant qu’animateur sur Rox et Rouky et Le Noël de Mickey. En 1982 il fut subjugué par la réalisation de Tron où l’on pouvait voir pour la première fois des effets spéciaux en 3D. Après avoir été licensié de Disney suite à des soucis de compréhension avec la direction (les dirigeants du studio ne savait que faire de ce jeuen homme à l’imagination débordante), John rejoignit en 1984 Lucasfilm qui venait de créer un tout nouveau département entièrement consacré à l’animation 3D et qui se nommera bientôt Pixar. Disney, toujours à la pointe en terme d’innovation et qui était déjà à l’origine du premier film à effets spéciaux 3D sentit le filon venir et décida donc au début des années 90 de signer un partenariat avec Pixar. Et pas n’importe quel partenariat puisque Pixar allait bientôt sortir le tout premier long métrage d’animation entièrement réalisé en 3D, Toy Story.
Mais revenons en à Cars - Quatre Roues. Onze années ont passés depuis Toy Story et Pixar, malgré une concurrence accrue est encore et toujours le roi de l’animation 3D. Après 1001 Pattes (a bug’s life) et Toy Story 2, John Lasseter décide en 2000 de prendre de longues vacances. En effet après des années à travailler d’arrache-pied aux studios, sa femme lui fit remarquer que s’il continuait comme ça il ne verrait même pas ses enfants grandir. Conscient que la temps passe à une vitesse folle John décide de tout plaquer et de partir faire le tour des États-Unis par les petites routes avec tout sa petite famille en camping car. C’est pendant ce voyage que germa l’idée de Cars - Quatre Roues, et tout particulièrement en passant sur la route 66, la route la plus mythique des États-Unis. Il faut savoir que, en plus d’être un passionné d’animation, John Lasseter est également un férus d’automobile depuis sa plus tendre enfance. Son père était d’ailleurs employé dans un garage Chevrolet. Il lui parut donc évident qu’il fallait consacrer un long métrage à ses véhicules favoris!
Cars - Quatre Roues, en plus d’être un hommage au monde de l’automobile est également un véritable voyage sur les routes américaines à la découverte des villes laissées à l’abandon sur les bords de la route 66 après l’arrivée des autoroutes. Juste avant le début de la production une partie de l’équipe partie en “road trip” le long de cet axe mythique (dont le regretté Joe Ranft à qui le film sera dédié) afin d’en capter l’ambiance si particulière qui y règne mais aussi et surtout pour y rencontrer ses habitants dont bon nombre de personnages du film seront inspirés. Ce n’est pas la première fois que des automobiles tiennent le rôle principal dans une production animée Disney, en 1952 déjà, Susie, the Little Blue Coupé racontait les péripéties d’une voiture, John Lasseter n’a d’ailleurs jamais caché que son film s’en était largement inspiré.
Cars - Quatre Roues reste donc un film d’animation très américain de par son sujet, ce qui pourrait expliquer en partie son succès modéré de par le monde (excepté aux Etats-Unis). Le film mérite tout de même une attention particulière ne serait-ce que pour sa beauté graphique et technique prouvant encore une fois que Pixar reste les numéro un de l’animation 3D.





Up (Là-Haut) est le 10ème long métrage des Pixar Animation Studios, et le premier à sortir en Disney Digital 3-D. C’est la seconde réalisation de Pete Docter après Monstres & Cie sorti en 2001, assisté ici par Bob Peterson. Comme à son habitude, Pixar innove avec Là-Haut en choisissant comme personnage principal, un vieil homme de 78 ans, Carl Fredricksen, ancien vendeur de ballon dans un zoo, et Russel un jeune scout de 8 ans d’origine asiatique un brin enrobé. Un duo atypique qui permet au film de se démarquer une nouvelle fois de la concurrence omnibulée par les folies animalières en tout genre.
Les origines du projet remontent à 2004, lorsque Pete Docter et Bob Peterson décidèrent de travailler ensemble sur un nouveau projet de long métrage. Pete est arrivé chez Pixar en 1990, après avoir étudié l’animation à CalArts. Il commença par animer et réaliser des films publicitaires pour les jus de fruits Tropicana, les emballages recyclables Tetra-Pak et Lifesavers. Il développa par la suite l’histoire de Toy Story, avec John Lasseter et Andrew Stanton (le réalisateur de Le Monde de Nemo et WALL•E) puis celle de 1001 Pattes (a bug’s life) en tant que storyboardeur et enfin Toy Story 2. Il fit ses débuts en tant que réalisateur avec Monstres & Cie qui fut nommé à l’Oscar® du meilleur film d’animation. En tant qu’un des créateurs clé de Pixar, il a également contribué au développement de l’histoire originale de WALL•E, pour lequel il fut nommé à l’Oscar® du meilleur scénario original.
Bob Peterson est un autre pilier des studios. C’est en préparant sa maîtrise en ingénierie à la Purdue University, qu’il travailla pour la première fois dans un laboratoire d’infographie. Après avoir obtenu son diplôme il part s’installer en californie où il travaille chez Wavefront Technologies, créateur du logiciel Maya. Il travaille ensuite pour une société de production située à Hollywood, Rezn8 Productions, avant d’entrer chez Pixar en 1994. Au sein du studio il réalise plusieurs spots publicitaires au sein du département court métrage, puis est artiste layout et animateur sur Toy Story. Il est ensuite storyboardeur sur 1001 Pattes (a bug’s life), superviseur du storyboard sur Monstres & Cie et enfin scénariste sur Le Monde de Nemo. Bob prête également sa voix à plusieurs personnages de fims Pixar : le vieux joueur d’echecs dans Geri’s Game, Germaine dans Monstres & Cie , Monsieur Raie dans Le Monde de Nemo et enfin Doug dans Là-Haut.
Les deux compères s’entendaient à merveille et il paraissait évident qu’ils pourraient faire quelque chose de vraiment extraordinaire ensemble. Ils réflèchirent alors à de nouveaux concepts quand ils se sont aperçu qu’ils partagaient parfois une drôle d’envie à la fin d’une journée un peu chargée : celle de rêver qu’ils pourraient tout à coup être transportés sur une magnifique île déserte perdue au milieu de l’océan. Le duo commença à s’amuser avec cette idée et rapidement, une image, emblématique, frappante, s’imposa comme l’incontournable point de départ de toute l’aventure : une maison emportée dans les airs par des milliers de ballons. Cette image, aussi forte soit-elle, ne pouvait constituer que l’un des éléments de l’intrigue, mais c’est à partir d’elle que les créateurs du projet ont bâti l’histoire et décidé de centrer l’action sur le personnage d’un vieil homme, d’un jeune aventurier de 8 ans, et de toute une bande de personnages originaux.
Alors que l’histoire progressait, Pete Docter et Bob Peterson furent rejoint par le producteur Jonas Rivera. Les trois hommes avaient en commun l’approche visuelle et stylistique du film, mais le plus important encore, ils étaient d’accord sur l’émotion et l’esprit qu’il devait dégager. Jonas Rivera explique : Nous voulions retrouver le charme de films comme Dumbo, que ce soit en termes de design, de niveau de langue, de structure d’image. Ces films se définissent par une certaine puretée, une simplicité qui rend le propos limpide et lumineux. Nous avons tous travaillé sur Là-Haut avec le mot “simplexité” à l’esprit. La seule idée d’une maison accrochée à des ballons impliquait les notions de voyage et d’aventure au plus haut niveau, mais la définition des personnages y associait des notions d’affection, d’émotion et un formidable potentiel de situations comiques.
Malgré l’imagination débordante des créateurs du film, il est un des éléments clés du film qui a directement été inspiré par notre monde. Pour les mythiques chutes du Paradis d’Amérique du Sud, Pete Docter s’est inspiré des magnifiques Angel Falls et du plateau d’altitude de Tepuis situé au Venezuela. Bien que les les Angels Falls soient déjà les plus hautes du monde avec plus de 978 mètres, les cinéastes n’ont pas hésité à élever encore celles du film à l’altitude vertigineuse de presque 3000 mètres. Pour retranscrire au mieux ce paysage fantastique, une partie de l’équipe parti plusieurs jours au fin fond du Venezuela pour étudier de près les chutes et son environnement qui deviendront plus tard le décor principal du film. Le but était de faire le plus de croquis et de photos possible afin de capturer l’atmosphère de ce lieu unique. Il leur fallut trois jours pour arriver dans cet endroit loin de tout.
Les musiques de Là-Haut ont été composé par Michael Giacchino. Ce dernier est un habitué des productions Pixar puisqu’on lui doit déjà la bande originale de Les Indestructibles, Ratatouille et des courts métrages One Man Band et Lifted. Il est également le compositeur du dernier cartoon en date de Dingo, How to Hook Up Your Home Theater datant de 2007. Jouant sur la nostalgie et l’émotion, la musique de Là-Haut est bien différente de celle des anciennes productions, suivant ainsi l’évolution artistique et créative du studio.
Là-Haut fut projeté le 13 mai 2009 en avant-première mondiale lors du 62ème festival de cannes (dont vous pouvez lire mon compte-rendu ici). C’était la première fois depuis Dumbo en 1946, qu’un film d’animation ouvrait le festival, preuve en est de l’évolution des mentalités vis à vis du monde de l’animation. Le film reçut un accueil très chaleureux et fut acclamé par les critiques du monde entier. Là-haut sorti dans les salles amércaines le 29 mai 2009 et fut sans surprise un véritable triomphe. Avec plus de 286 millions de dollars de recettes au box office, Là-haut se place sur la deuxième marche du podium des films Pixar les plus rentables, entre Le Monde de Nemo (339M$) et Les Indestructibles (261M$).
Nous sommes en février 1928. Walt Disney et sa femme Lillian font le voyage entre Los Angeles et New-York afin de discuter avec Charles B. Mintz (distributeur des cartoons Disney pour Universal) du renouvellement de leur contrat. A cette époque les studios Disney ne travaillaient que sur une seule et unique série de cartoons appelée Oswald the Lucky Rabbit. Le contrat les liant à Universal prenant fin au mois de juin de la même année, il était donc grand temps d’aller négocier son renouvellement. Malheureusement pour Walt Disney, Charles B. Mintz avait prévu tout autre-chose… Par l’intermédiaire de son beau-frère il avait débauché un à un tout les artistes des Walt Disney Studios dans le plus grand secret, hormis Ub Iwerks. De plus, alors que Disney s’attendait à recevoir une augmentation de 250 dollars par épisode, étant donné le succès grandissant de la série des Oswald, Mintz désirait au contraire diminuer d’un tiers le paiement des épisodes, passant de 2250 à 1800 dollars. Enfin, ce dernier lui proposait de venir s’intaller à New York avec son équipe et de travailler directement pour Universal. Sous le choc, se sentant trahis et par Mintz, et par ses employés, Walt Disney claqua la porte des studios Universal et repartit pour Los Angeles. C’est durant ce long voyage de trois jours en train que Walt, toujours prêt à rebondir, eu l’idée d’un nouveau personnage de cartoon. Selon ses dires il se serait inspiré d’une souris domestiquée qui gambadait autour de sa planche à dessin de Kansas City. Pour le nom de ce nouveau héros, Walt pensa tout d’abord à Mortimer Mouse, immédiatement rejeté par sa femme qui lui préférait Mickey Mouse.
Nous sommes alors en mars 1928, les studios Disney doivent encore réaliser trois cartoons Oswald the Lucky Rabbit avant la fin du contrat les liant à Universal. Comme la majorité de ses artistes devaient partir au mois de juin rejoindre Charles B. Mintz, la création de Plane Crazy, le premier cartoon de Mickey Mouse se fit dans la plus grande discrétion. Walt travailla tard le soir avec Ub Iwerks, son fidèle ami et employé sur le court métrage, à l’abris de tout regard. L’histoire de Plane Crazy était inspiré du récent vol transatlantique de Charles Lindbergh effectué en 1927. Pour terminer le processus d’animation (trop visible pour être réalisé aux studios), Walt installa un atelier de fortune dans son garage sur Lyric Avenue et demanda à sa femme, sa sœur Edna et sa belle-soeur Hazel de s’occuper de l’encrage et de la peinture des celluloïds. Le film achevé, il fut présenté en avant-première le 15 mai 1928 dans une salle de Sunset Blvd à Hollywood. L’accueil fut correct mais pas extraordinaire, juste assez pour encourager l’équipe à continuer la série. Par ailleurs Walt ne trouva aucun distributeurs. The Gallopin’ Gaucho, le second cartoon de Mickey Mouse n’eut pas plus de succès auprès des distributeurs, malgré ses qualités indéniables… Il manquait quelque chose à ces cartoons pour se démarquer des créations des autres studios, quelque chose de novateur. A l’époque le cinéma vivait une révolution avec l’apparition du son dans The Jazz Singer sorti en 1927. Voilà ce qui pourrait faire les affaires de Walt Disney, créer le premier cartoon sonorisé!
Pour ce troisième court métrage, Walt et Ub s’inspirèrent d’une comédie à succès de Buster Keaton : Steamboat Bill Jr. La réalisation du cartoon s’avéra bien plus compliqué que les deux précédents, le son compliquant d’avantage le travail d’animation. De plus Walt n’y connaissait pratiquement rien en musique. Avec l’aide d’un de ses artistes, Wilfred Jackson dont la mère était professeur de musique, Walt improvisa un moyen de régler la musique sur le flot des images avec une caméra de prise de vues sonore d’une fréquence de 24 images par seconde. Ainsi, il était alors plus facile aux musiciens et bruiteurs de synchroniser son et images. Mais autre chose préoccupait également Walt Disney : est-ce que le public allait suivre?
Après de nombreux tests, Walt parti à New-York (haut-lieu du cinéma sonore à l’époque) la bobine de Steamboat Willie sous le bras afin de trouver un système d’enregistrement efficace et un distributeur. Tout d’abord refusé par la Fox, puis accepté par RCA mais au dessus des moyens des studios, Walt accepta l’offre de Pat Powers qui désirait enregistrer son film avec son procédé Cinephone. La première séance d’enregistrement eu lieu le 15 septembre 1928 et fut un échec. Le chef d’orchestre ne s’était en fait pas du tout servis du procédé de synchronisation de Walt, préférant s’aligner sur les images du cartoon. Mais le rythme était bien trop rapide pour que les musiciens puissent le suivre. La seconde séance d’enregistrement fut la bonne, Walt réussit à convaincre le chef d’orchestre de réduire l’effectif des musiciens et de garder seulement deux experts en effets sonores. Walt s’occupait lui-même des différentes voix du cartoon.

Après de nombreux refus de tout les distributeurs de New-York, Steamboat Willie fut accepté par Reichenbach, l’attaché de presse du Colony, une salle de cinéma de Broadway. Même si ce n’était pas un distributeur c’était l’occasion de montrer le film au public et aux journalistes de la ville. La première de Steamboat Willie eu lieu le 18 novembre 1928, en avant-programme du film parlant Gang War. Walt était là évidemment et fut étonné d’entendre les gens qui sortaient de la salle ne parler que de son cartoon et non du film! De nombreuses critiques apparurent dans la presse, la revue Variety écrivit : C’est une perle de synchronisation du début jusqu’à la fin, un travail limpide, pétillant et parfaitement adapté à la conjoncture… Parmi une majorité de dessins animés que l’on peut qualifier d’assommants, celui-ci s’impose par sa qualité et on peut lui rendre hommage… Recommandé sans réserve à toutes les familles branchées… Le succés fut fulgurant et il ne fallut pas attendre longtemps avant de voir les financiers s’intéresser à Mickey Mouse. La souris devient très vite très célèbre à travers tout le pays, elle aura très vite le même succès en Europe. Les studios Disney faisaient désormais payer les Mickey Mouse 3000 dollars pièce. L’année 1929 fut très prospère pour les studios Disney, enfin tout du moins en apparence. La récession permis à Mickey de devenir encore plus populaire, les gens ayant besoin d’oublier leur sombre quotidien. Mais malgré cela les studios Disney ne voyaient pas beaucoup d’argent rentrer. En effet, le contrat les liant à Pat Powers était des plus flous et au final l’homme amassait trois fois plus d’argent que les studios! Conscient de se faire duper, Walt quitta Powers pour rejoindre la Columbia (dont il se séparera en 1932 pour rejoindre United Artist, puis RKO en 1937 avant de s’auto distribuer sous le nom Buena Vista à partir de 1953) mais le résultat fut le même, les studios étaient criblé de dettes. Il en sera de même pendant encore de nombreuses années, chaque production mettant en danger les studios.

Mickey Mouse connut son âge d’or entre 1928 et 1940, la période en noir et blanc restant la plus mémorable. En 1931, le Club Mickey Mouse comptait déjà plus d’un million de membre à travers tout le pays seulement un an après sa création. Les produits dérivés à l’effigie du petit rongeur firent leur apparition : montres, peluches, jeux, dinettes, voitures, etc. Walt Disney avait trouvé grâce aux produits dérivés une source de revenus non négligeable. En même temps Mickey Mouse commença une carrière en BD en janvier 1930 (sous le crayon de Ub Iwerks) qui connut également un énorme succès. Bref tout lui réussissait!
Il ne fait aucun doute que la première source d’inspiration pour le personnage de Mickey était Walt en personne. En plus de leurs mimiques et leur caractère proches, Walt Disney s’occupait également de la voix de la souris. Et ce sera le cas pendant plus de 20 ans.
En seulement quelques années Mickey Mouse passa du statut de héros de cartoon à celui d’icône, il symbolisait à lui tout seul l’esprit de l’Amérique et devint très vite son représentant à travers le monde. Grâce à lui les studios Disney purent se développer très rapidement et mettre en route d’autre séries comme les Silly Symphonies en 1929. Malheureusement c’est également à cause de cette immense popularité que son caractère évolua de manière moins intéressante. Alors qu’au départ il était un personnage espiègle et drôle, il devint au fils des années plus gentil et posé car il ne fallait pas choquer le public avec des gags trop cruels ou discriminatoires.
Avec son passage à la couleurs en 1935 dans The Band Concert, Mickey a déjà une belle carrière derrière lui avec pas moins de 75 cartoons à son actif. A partir de 1940 le personnage se fait de plus en plus rare, cantonné au rôle du gentil, il se fait voler la vedette par Donald Duck et Dingo, ses acolytes devenus les nouvelles stars des studios et ayant droits à leur propre série de cartoons. Pluto, son fidèle compagnon aura également droit à sa propre série en 1937. Avec L’Apprentie Sorcier, une des célèbres séquences de Fantasia, Mickey fait son entrée dans un long métrage et signe son plus grand rôle. On le retrouvera quelques années plus tard dans Coquin de Printemps aux côtés de Donald et Dingo. Après la Seconde Guerre Mondiale, Mickey Mouse a pratiquement disparu de la circulation, il ne fera plus que huit cartoons entre 1945 et 1953 où il apparaît pour la dernière fois dans The Simple Things. En 1955 Mickey donnera son nom à l’émission de Disney diffusée chaque semaine sur ABC : le Mickey Mouse Club. Il ne refera son apparition au cinéma qu’en 1983 dans Le Noël de Mickey. Il fait ensuite une apparition dans Qui Veut la Peau de Roger Rabbit avant d’avoir le double rôle principal dans le moyen métrage Le Prince et le Pauvre en 1990. En 1995 les studios de Montreuil signent Runaway Brain, son tout dernier (et excellent) court métrage. Depuis la petite souris continue sa carrière en BD (jamais interrompue depuis 1930) et sur le petit écran dans la série animées Tous en Boîte et Mickey Mouse Clubhouse. Il est également à l’affiche de trois longs métrages sorti directement en vidéo : Mickey, Il Etait une Fois Noël (1999), Mickey, Donald, Dingo - Les Trois Mousquetaires (2004) et Mickey, Il Etait Deux Fois Noël (2004) où il apparaît pour la première fois en 3D. Bref, malgré la fin de sa carrière cinématographique et ses 80 années au compteur, Mickey Mouse reste très présent, que ce soit à la télévision, la bande dessinée ou dans le cœur des gens où il sera associé à jamais à l’esprit de Walt Disney.




La création de Donald Duck doit beaucoup à l’évolution de la carrière de Clarence Nash, alors « vendeur de lait » (présentateur de publicité) pour l’Adohr Milk Company. Il avait réalisé les bruitages de chevaux tirant le wagon de lait dans une publicité. En 1933, il décide de déposer ce film publicitaire aux Studios de Disney comme CV. Il auditionne ensuite pour des sons d’animaux. Lors d’une prise de son pour un chevreau dans Marie a un petit agneau, Walt Disney aurait trouvé la voix pour son « canard parlant ».
En décembre 1933, Clarence Nash signe un contrat avec les studios Disney pour faire la voix d’un personnage alors à créer. Nash a donné sa voix en version originale au canard de 1934 à 1983, ce qui l’a fait surnommer Ducky Nash ; mais il a aussi participé à la définition de son caractère, le processus de production des films Disney intégrant les dialogues dès les premières phases de création.
La première apparition officielle de Donald a lieu dans le Silly Symphonie Une Petite Poule Avisée le 9 juin 1934, dans lequel il tient le rôle d’un canard paresseux qu’une mère poule va mettre sur le chemin du travail. Loin d’avoir le premier rôle, il était plutôt le comparse infortuné de la saga d’origine. Dès cette aventure, il est habillé en costume de marin : pour Disney, le canard rappelle l’eau, donc la marine. Graphiquement parlant, Donald Duck est né d’après Flora O’Brien sous les crayons d’Art Babbitt, Dick Huemer et Dick Lundy, les animateurs d’Une petite poule avisée mais c’est ce dernier qui le reprend et le développe dans Le Gala des Orphelins sorti 11 août 1934 où Donald perd ses couleurs pour revenir au noir et blanc, (la couleur étant alors exclusivement réservée aux Silly Symphonies). Dans ce court, l’animateur Dick Lundy donne à Donald des traits plus anguleux (par exemple le bec), un corps plus grossier, des pieds plus grands et surtout des bras anthropomorphes, non plus des ailes.
Donald apparaît ensuite dans plusieurs dessins animés, comme second rôle râleur aux côtés de Mickey Mouse ainsi que dans quelques courts métrages en compagnie de Mickey et Dingo qui débute en 1935 avec Mickey’s Service Station. Ce trio sera présent dans la plupart des courts-métrages réalisés par Ben Sharpsteen entre 1935 et 1938.
Parallèlement, Donald débute sa carrière solo aux côtés de Pluto dans Donald et Pluto sorti en 1936. Mais son nom et la fameuse tête qui ornera tout les génériques n’apparaissent pas au début du cartoon, la production ayant préféré placer la tête et le nom de Mickey alors que ce dernier n’apparaît même pas dans le court métrage! L’avenir s’annonce alors radieux pour le petit canard, alors qu’à côté, Mickey perd de son aura et ne fera plus qu’une dizaine d’apparition avant de totalement disparaître du grand écran en 1953… Donald devient alors petit à petite la star numéro 1 des studios, allant même jusqu’à dépasser la popularité de Mickey dans certain pays comme l’Italie ou les pays scandinaves.
Contrairement au héros au grandes oreilles, Donald est loin d’être un saint, il râle à longueur de temps et s’énerve pour un rien, de plus sa voix, reconnaissable entre toutes le rend encore plus hilarant mais également très attachant. Fort de la popularité de leur petit canard, les studios Disney exploiteront le filon à fond. La série de Cartoon du personnage deviendra la plus importante avec pas moins de 128 court métrages réalisés entre 1934 et 1961! C’est avec The Litterburg que Donald quitte définitivement le format du court métrage en 1961 après 30 ans d’une très belle carrière. Depuis on a put le voir dans quelques productions maison (ciné, vidéo et TV) tels que Le Noël de Mickey (1983), la série TV La Bande à Picsou (1987), Qui veut la Peau de Roger Rabbit (1988), Le Prince et le Pauvre (1991), Couac en Vrac (1996), Il Était une Fois Noël (1999), Fantasia 2000 (2000), Disney’s Tous en Boîte (2001), Mickey et les Trois Mousquetaires (2004) ainsi que Mickey, Il Etait Deux Fois Noël (2004) où l’on découvre pour la première fois un Donald en 3D. C’est sous cette nouvelle apparence qu’on le retrouve depuis 2006 dans la série TV La Maison de Mickey, destinée aux jeunes enfants.






Contrairement aux studios d’animation concurrents, les artistes français se font assez rares aux Walt Disney Animation Studios, on peut les compter sur les doigts d’une main… Parmi la nouvelle génération d’animateurs 3D fraîchement débarqués ces dernières années, il y a Stéphane Mangin, jeune animateur français repéré grâce à sa déjà belle expérience dans différents studios d’animation français et londonien. Nous avons eu le plaisir de l’interviewer il y a quelques jours pour en savoir plus sur sa carrière et son travail aux Walt Disney Animation Studios !
Bonjour Stéphane, merci d’avoir accepté cette interview pour Art of Disney.
Stéphane Mangin : Bonjour Antoine, de rien, c’est avec plaisir !
Pas trop dure la vie à Los Angeles (c’est ironique) ?
SM : Et bien si justement ! La vie ici, pour un citadin chevronné, c’est pas l’Amérique. Niveau météo, c’est vrai qu’on a pas a se plaindre, il fait beau tout le temps, mais vraiment tout le temps. La derniere fois qu’il a plu doit dater d’il y a deux mois, et ça a duré vingt minutes !
Par contre ayant vécu à Paris et à Londres pendant une bonne partie de ma vie, je me suis habitué à une faune citadine dense et intéressante, ainsi qu’à utiliser les transports en commun. Ici, il faut s’imaginer habiter dans une banlieue de banlieue (de banlieue). Il n’y a pas à proprement parlé de centre-ville et tout se fait en voiture car les distances sont multipliées par dix par rapport aux villes européennes. Donc il y a peu de gens sur les trottoirs, et il est rare de faire plus de 500m de marche dans une rue intéressante…
Peux-tu nous parler de ton enfance, ce qui t’a amené à l’animation ?
SM : J’ai la chance d’avoir vécu pour la plus grande partie de ma vie à Annecy. Mes parents y vivent encore d’ailleurs. Et c’est bien entendu du festival d’animation qu’est parti mon envie d’être animateur. Tout a commencé grâce à une projection publique du film d’Hayao Miyazaki, Le Château dans le Ciel, quand j’avais 10-12 ans. C’était la première fois que le film était projeté en dehors du Japon, donc en version originale, et sous titré en anglais. Je n’y comprenais clairement rien du tout, mais j’étais quand même transporté dans un autre univers par le film ! Ce serait un de mes plus grand rêve que de bosser pour Ghibli… Si au moins il faisait des films 3D !!!
Peux-tu nous parler de ton parcours professionnel ?
SM : Tout d’abord, je suis allé à l’école Georges Méliès à Orly, après une tentative ratée pour devenir designer à l’école Bellecour de Lyon. A Méliès, j’ai rencontré mon tout premier directeur d’animation, Michel Rimbault. Il a été interessé pour me prendre en tant qu’animateur junior chez feu le studio Sparx, sur le long métrage sorti directement en vidéo Mickey, Il Etait Deux Fois Noël pour Disney. J’ai eu une chance folle de commencer ma carriere de la sorte ! Ensuite, j’ai bossé pour quelques projets de-ci de-là, et j’ai rejoint assez vite le studio Mac Guff, où j’ai eu la chance de bosser pendant pas mal d’années pour les productions de Pierre Coffin comme Pat et Stanley, les pubs Loto suisse ou Caisse d’Epargne, ainsi que d’animer sous la direction de Patrick Delage, ou de Lionel Gallat sur Moi, Moche et Méchant en tant que lead animateur. Après ce film, j’ai eu la chance de pouvoir traverser la manche pour travailler sur le film John Carter chez Double Negative. Ça a été clairement un énorme changement de style pour moi, de passer du cartoon à de l’animation ultra réaliste, mais c’est le meilleur moyen d’évoluer ! D’ailleurs, j’ai du bien réussir mon coup car je suis passé lead apres avoir travaillé sur la pré-production du film ! Et après ça, j’ai finalement réalisé un vieux rêve de gosse et je suis arrivé aux Walt Disney Animation Studios il y a 18 mois maintenant !
Comment s’est passé ton recrutement pour les Walt Disney Animation Studios ?
SM : Comment dire… En sueur ? Je leur ai envoyé ma bande démo et mon CV à la fin de la production de John Carter, et ils m’ont très vite rappelé pour me proposer un entretien sur Skype. Quel stress ça a été de devoir parler à une douzaine de leads et directeurs d’animtion en même temps, avec une connection internet qui marche à moitié, et essayer de différencier la personne qui me parlait des autres dans la bouillie de pixels que formait mon écran… J’en suis sorti trempé de sueur, et déprimé car j’étais certain d’avoir raté mon coup. Et ben non !
Quel est ton animateur préféré (Disney ou autre) ? Et pourquoi ?
SM : Je pourrai dire Glen Keane, Eric Goldberg ou Chuck Jones comme tout le monde mais pour être franc, en ce moment je suis émerveillé par chaque plan d’un des leads ici a Disney. Il s’appelle Tony Smeed. Et il est ce genre d’animateur qui te fais savoir que tu es a Disney, et que ça ne rigole plus ici. Vous vous rappelez le plan dans Raiponce avec Flint attaché à un fateuil et subissant un interrogatoire de Raiponce, tournant autour de lui, arme d’une poele? Et ben voila, c’est lui, entre autres… Un monstre, et d’une gentillesse choquante en plus.
Qu’as-tu animé sur Les Mondes de Ralph ? Quels personnages, quelles scènes ?
SM : Sur Ralph, j’ai a peu près animé tout les personnages… Ce qui était plutôt génial, mais en même temps assez stressant car je devais sauter d’un style d’animation à un autre à chaque plans.
La petite anecdote veut que j’ai été le premier animateur à me faire la main sur King Candy. Je me suis mis à faire une animation super cartoon et les leads du film ont adoré ! Ils ont voulu le montrer directement à John Lasseter (il supervise tout les projets ici) et voila ! Le personnage a pris pas mal de mon style grâce a lui ! Le plan se passe pendant la séquence de l’interrogatoire quand Ralph est prisonnier dans un cupcake, le moment où King Candy s’excite tout seul.
Quel est ton meilleur souvenir sur cette production ?
SM : Mon meilleur souvenir sur la production de Les Mondes de Ralph a été assez rapide à se montrer ! Dès le premier jour, on vous emmène faire le tour des locaux, et c’est grand, très grand. Mais pendant ma visite, un autre animateur m’a convié à ma toute première “dailies” (session durant laquelle on montre ses animations au réalisateur, accompagné des superviseurs de l’animation). Je le suis jusqu’à la salle de cinéma, m’installe à peu près au milieu de la salle, et quelques minutes après j’entends une grosse voix dans mon dos qui se marrait avec quelques autres… Je me retourne et là je me retrouve assis un siège devant John Lasseter, avec à sa gauche le réalisateur de Les Mondes de Ralph Rich Moore et à sa droite la légende de l’animation Eric Goldberg. Je venais juste de me transformer en flaque d’eau dans mon siege… Mon dieu c’est dans ces moments que je me rends compte de la chance infinie que j’ai d’avoir été pris chez Disney !
Un autre super souvenir a été après la production. Je suis allé voir le film au El Capitan Theatre, la fameuse salle de cinéma Disney sur Hollywood Boulevard. J’ai été émerveillé de voir tous les gamins et une bonne partie des adultes aussi (il y a un culte de Disney à LA, avec un club de fan énorme) commencer à chanter sur une des chansons du film, avec Ralph et Vanellope dansant sur la scène, éclairage et fumée partout, alors que le film venait tout juste de sortir ! Le show à l’américaine quoi…
Les temps de production sont très courts aux WDAS, le rythme a t’il été difficile à tenir ? Quelles sont les différences par rapport aux studios français ?
SM : Le rythme est vraiment difficile à tenir ici, mais ils prennent vraiment soin des gens. Massage, bureaux ou box de travail personnalisables, et une vie de studio plutôt importante avec café gratuit, concerts privés, projections de films, et des personnalités de l’animation venant faire des interventions comme Katsuhiro Otomo ou autres…
Et la mentalité de travail est vraiment différente de la France: ici, tout est “awesome”, tout le monde va de l’avant et ne se plaint pas du labeur. Ce sont de gros travailleurs aux US. C’est assez perturbant en tant que bon Francais de voir autant de positivisme ! Mais on s’y fait plus vite qu’on le croit… Et surtout, grosse différence ici par rapport a la France, les heures supplémentaires sont payées !
As-tu un ou des mentors aux studios ?
SM : Non, mais chacun est l’inspiration de l’autre ici. On a pour habitude de regarder chaque plan et apprécier le travail… Et il y a tellement de génies ici que chaque jour tu reçois une bonne baffe et tu te promets que tu feras mieux sur ton prochain plan !
Travailles-tu sur des projets personnels en dehors des studios ? Peux-tu nous en dire deux mots ?
SM : Pas le temps, les productions s’enchainent de plus en plus vite ici, et je ne compte plus mes heures passées au boulot ! Et il fait si beau dehors, à quoi ça sert de s’enfermer chez soi après le travail.
Sur quoi travailles-tu en ce moment aux studios ?
SM : Je travaille sur le prochain film de Chris Buck, La Reine des Neiges. Je ne pense pas avoir le droit d’en dire plus par contre désolé !
Pourrais-tu nous décrire en détail une journée de travail type d’un animateur aux studios ?
SM : La journée type commence par le bar à céréales gratuites à 9h du matin. On ingurgite son petit déjeuner en lisant ses mails et ensuite au boulot. Normalement, vous avez deux fois dans la journée des sessions avec les superviseurs où vous pouvez montrer votre boulot, et par la suite dans l’après midi, une session avec le ou les réalisateurs pour leur montrer notre blocking (moment de l’animation où les poses sont mises en place, sans les animations intermediaires) ou pour approuver nos plans. Rien de bien spécial, à part si vous voulez prendre un massage, des cours de fitness ou jouer au billard ou même participer à des cours de sculpture etc. Disney traite vraiment bien ses employés généralement.
Quels conseils donnerais-tu aux étudiants et aux jeunes diplômés en animation pour bien débuter leur carrière ?
SM : Je dirais qu’il ne faut jamais se démotiver. Il y a beaucoup de gens sur le marché, donc il faut réussir à se détacher des autres et toujours essayer d’apporter quelques chose de neuf, quelque soit l’animation que vous faites ! Et si vous avez le temps entre deux productions ou deux exercices, exercez vous sur une bonne scène d’acting. C’est ce que les studios regardent le plus généralement…
Pour exemple, mes amis à Pixar m’ont parlé d’une animatrice qui travaillait en VFX chez MPC à Londres. Elle a envoyé sa bande démo à Pixar avec en très grande partie des animations de quadrupèdes ou des créatures de toutes sortes. Mais au milieu de tout ça, elle s’était exercée sur un petit acting personnel. Une scène entre une jeune fille et une vieille personne… Très simple, peu d’animation, mais l’intention était juste et précise. Et voila, maintenant elle vit à San Francisco !
Dernière chose, et j’en ai fait les frais au début de ma carrière… Et un peu au milieu… Ouais bon et depuis pas trop longtemps aussi ! C’est d’essayer de toujours rester humble, de travailler en équipe, et d’être toujours flexible quant à votre animation. C’est difficile de refaire un plan quand le réalisateur ou le client vous le demande, c’est vrai, mais c’est aussi une grosse part de notre métier que de mettre en scène la vision des autres. Et si vous pouvez le faire au mieux, sans rechigner à la tâche, c’est la meilleure formule pour réussir votre carriere !
Merci Stéphane pour le temps que tu nous a consacré et bon courage pour la suite de ta carrière !
SM : Merci pour cette interview ! Bonne continuation !
À l’occasion de la sortie de Les Mondes de Ralph en vidéo le 5 avril 2013, Disney France nous propose une interview du scénariste Phil Johnston :
Quelle a été la première étape de l’écriture du scénario des Mondes de Ralph ?
Pour ce film, le réalisateur Rich Moore et moi-même avons travaillé seuls pendant plusieurs mois afin de développer l’histoire que nous voulions raconter. Avant tout, il a fallu que nous choisissions les personnages du film. Nous avions une idée générale de l’intrigue, mais toute histoire commence d’abord par ses personnages. Qui sont-ils ? Quel sera leur rôle dans le film ? Que désirent-ils ? Quels obstacles doivent-ils surmonter ?
Quelle était l’idée de départ pour le film ?
Initialement, Félix était le personnage principal, puis nous avons réalisé que Ralph était plus intéressant. C’est à ce moment-là que nous avons commencé à réfléchir à la manière de le mettre dans des situations difficiles, mais drôles et intéressantes. Il fallait que nous lui inventions des obstacles à surmonter et des combats à mener.
Que ressent-on lorsqu’on voit son travail prendre vie à l’écran ?
C’est formidable ! Je suis époustouflé à chaque fois que je regarde le film. Son univers est varié et complexe, il est fait de tellement de détails auxquels je n’avais pas pensé que je découvre quelque chose de nouveau à chaque fois que je le vois. C’est fabuleux !
Comment êtes-vous arrivé sur ce projet ?
J’ai commencé à travailler sur Les Mondes de Ralph il y a environ quatre ans, lorsque j’ai rencontré Rich Moore, le réalisateur du film. Nous nous sommes tout de suite bien entendus, nous partageons la même sensibilité. Il ne nous a pas fallu longtemps pour nous mettre à rigoler bêtement ensemble, comme deux gamins qui auraient lâché une caisse à l’église ! J’ai adoré l’idée sur laquelle repose cette histoire et dès que nous avons commencé à créer les personnages, j’ai su que ce film allait être très spécial.
Pourquoi avoir choisi d’écrire sur l’univers des jeux vidéo et des salles d’arcade ?
L’idée initiale de Les Mondes de Ralph a jailli de cette question : et si un personnage de jeu vidéo quittait son univers pour aller explorer d’autres mondes ? Tout est parti de là. Nous avons ensuite imaginé l’histoire d’un personnage de jeu vidéo démodé qui se sent dépassé ; il traverse une crise existentielle et s’interroge sur son rôle dans le monde. Les jeux vidéo ont énormément évolué au cours des 30 dernières années, cette comparaison tombait donc à point nommé. L’univers des jeux vidéo constituait le décor idéal pour ce personnage qui se sent dépassé par le monde moderne.
L’histoire a-t-elle beaucoup changé au cours de la production ?
Elle a évolué, elle s’est développée et s’est condensée. Cependant, l’histoire de base d’un méchant qui apprend à s’aimer est restée inchangée, cela nous a permis de tenter plein de choses différentes, passionnantes et délirantes. Certaines scènes ont subi un changement radical, des personnages y ont été ajoutés ou retirés (mais ont parfois été réintroduits). Ce film a subi tant de révisions au cours de ses quatre années de production qu’il est difficile de se souvenir de tout.
Comment avez-vous intégré les personnages des jeux d’arcade classiques dans l’histoire ?
Au début, nous ne savions pas quels personnages emblématiques des jeux d’arcade nous allions pouvoir intégrer à l’histoire. Nous avons donc créé nos propres personnages, ceux que nous allions suivre dans leurs aventures. Nous savions que nous pourrions écrire leur histoire car c’était nous qui les avions imaginés, mais nous avions également plein d’idées pour les autres personnages. Nous nous disions que ce serait vraiment cool si Pacman, Q*bert, Frogger ou Zangief apparaissaient dans le film.
Avez-vous pu intégrer tous les personnages que vous vouliez ?
Ça n’aurait pas été la fin du monde si certains personnages emblématiques avaient manqué, parce que nous avons des personnages principaux que nous aimons et dont les aventures nous passionnent. Cela dit, nous voulions absolument que Q*bert, Tapper, Clyde le fantôme et Zangief apparaissent dans le film.
Les jeux d’arcade ont-ils une signification particulière pour vous ?
Enfant, j’allais au cinéma au Valley Fair Mall. Ma mère me donnait un dollar et cela me permettait de jouer pendant une heure en attendant le début du film. Je m’en souviens comme si c’était hier. J’étais excité comme une puce à l’idée d’aller à la salle d’arcade, il y en avait partout aux États-Unis. C’est triste de penser qu’aujourd’hui il n’y en a presque plus.
Quels jeux d’arcade aviez-vous le plus envie de porter à l’écran dans Les Mondes de Ralph ?
Je n’ai jamais été très doué à Qbert mais j’en garde de très bons souvenirs. Qbert est drôle, étrange et ridicule, c’est pourquoi le fait qu’il apparaisse dans le film est fantastique. Enfant, je jouais tout le temps à Street Fighter, je suis donc ravi que nous ayons pu intégrer Zangief à l’histoire. J’aime tout dans ce personnage, de son large torse velu à son minuscule slip de catcheur. Je suis un fan inconditionnel de Zangief !
Les personnages des Mondes de Ralph sont doublés par des acteurs comiques de talent dans la version originale, notamment John C. Reilly (Ralph), Jack McBrayer (Félix), Sarah Silverman (Vanellope von Schweetz) et Jane Lynch (le sergent Calhoun). Dans quelle mesure ces acteurs ont-ils influencé leurs personnages ?
Un bon acteur apporte à son personnage une profondeur, une force vitale qu’on n’imaginait pas, mais nous avons eu beaucoup de chance car Jack McBrayer, Sarah Silverman et Jane Lynch ont été présents dès la première lecture. John C. Reilly a également pris part au projet très tôt, ça a été une véritable chance. Il n’y a rien de tel que de travailler avec des acteurs comiques de leur trempe. Cela apporte énormément au film car ils peuvent nous donner leur avis.
Quand les bons mots invraisemblables et hilarants du sergent Calhoun ont-ils trouvé leur place dans le film ?
Le sergent Calhoun a toujours eu ces expressions étranges et bourrues issus de son univers et de son jeu. À l’origine, l’une d’elles se démarquait vraiment des autres, elle a beaucoup plu à Ed Catmull, le codirecteur du studio. Il nous a demandé d’où ça venait et comment nous en avions eu l’idée, puis il nous a demandé d’en inventer d’autres. Après ça, j’ai revu la totalité du scénario et inventé cinq ou six « Calhounismes » différents pour chacune de ses interventions.
Quelle est votre expression préférée ?
C’est sans doute sa première réplique, il est question de « faire pipi dans son pantalon de grand garçon ». La manière dont Jane le dit est désopilante. Je trouve hilarant le fait que Calhoun, cette militaire endurcie, cette dure à cuire, dise « faire pipi » !
Quel a été le tournant de votre carrière ?
Le premier film que j’ai écrit s’intitulait Bienvenue à Cedar Rapids. Réalisé par Miguel Arteta, il est sorti alors que je commençais à travailler sur le scénario de Les Mondes de Ralph. Avant ça, j’avais écrit quelques scénarios que Rich Moore doit connaître, notamment pour un téléfilm réalisé en 2009 et un film qui n’a pas encore été produit. La route a donc été longue et sinueuse !
Quels conseils donneriez-vous aux jeunes scénaristes qui tentent leur chance à Hollywood ?
Le meilleur conseil que je puisse leur donner, c’est de ne jamais arrêter d’écrire. Le second, c’est de se forger une carapace, car devenir scénariste peut être difficile, et la première version n’est jamais la bonne. On est constamment en train de réécrire certains passages, et il faut être prêt à tirer un trait sur ses scènes favorites pour le bien de l’histoire.
Nous avons eu la chance de pouvoir interviewer il y a quelques jours Nathan Greno, coréalisateur de Raiponce aux côtés de Byron Howard! L’artiste a ainsi pris le temps de répondre à quelques questions sur sa carrière chez Disney et son expérience sur Raiponce.

Nathan Greno est né à Kenosha, dans le Wisconsin, au sud-ouest du lac Michigan. Enfant, il développa une passion pour le dessin qui évolua rapidement vers un véritable goût pour la narration visuelle. Influencé par les comics et les bandes dessinées des magazines et des journaux, il commença à dessiner ses propres croquis, à créer ses personnages, ses univers et ses histoires. C’est sa fréquentation régulière du cinéma local qui fit germer en lui l’idée d’une future carrière au sein des Walt Disney Animation Studios et il vit notamment tous les classiques animés Disney sur grand écran. L’animation est rapidement devenue son moyen favori de raconter des histoires et dès l’âge de 8 ans, il savait déjà qu’il voulait travailler pour Disney.
Nathan Greno consacra son temps à apprendre tout ce qu’il y avait à savoir sur l’animation. Il continua à créer ses propres personnages et à les animer grossièrement sur ses cahiers d’écolier. En 1989, un séjour à Walt Disney World avec sa famille lui permis d’avoir un premier aperçu du travail des animateurs. Il pu ainsi observer les artistes donner vie à leurs personnages, et il était plus déterminé que jamais à rejoindre les studios Disney. Il étudia par la suite au Columbus College of Art and Design à Columbus, dans l’Ohio. En 1996, son portfolio fut accepté par les Studios d’animation Disney en Floride. Il débuta sa carrière comme traceur sur Mulan. Toujours attiré par la narration, il s’orienta rapidement vers la création de storyboards. Fort de ce nouvel intérêt, il rejoint le département storyboard en 1998. Il fit partie des storyboardeurs du court métrage animé John Henry et du long métrage Frère des Ours. En 2003, il s’installe en Californie où il a notamment continué à travailler au sein du département storyboard. Il a ainsi été scénariste, storyboardeur mais également acteur voix sur Bienvenue chez les Robinson avant d’être nommé chef storyboardeur sur Volt, Star Malgré Lui. A ce poste, il supervisa l’histoire du film, dirigea l’équipe de storyboardeurs et supervisa leurs séquences tout en participant lui-même au storyboard. Il fit ses débuts de réalisateur avec le court métrage Super Rhino qui figurait comme bonus sur le DVD et le Blu-Ray de Volt, Star Malgré Lui. Il prêta également sa voix au renne Dasher dans le moyen métrage de Noël, Lutins d’élite - Mission Noël diffusé en 2009. Nathan Greno vit à Glendale, en Californie. Son film préféré est Dumbo.
Bonjour Nathan, et merci d’avoir accepté cette interview pour The Art of Disney Animation! Avez vous aimé votre voyage en France? Était-ce la première fois que vous veniez dans notre pays?
Nathan Greno : Oui, c’était la première fois, et c’est un pays vraiment magnifique. Je me sens bête de ne pas avoir visité votre pays avant! Ma petite amie a tenu à m’accompagner, nous entendons souvent dire que Paris est la ville de l’amour alors, elle a voulu vérifier ça!
Pouvez vous nous en dire plus sur votre carrière, vos études? Comment votre passion pour l’animation a-t-elle débuté, et comment avez vous atterri aux Walt Disney Animation Studios?
NG : Quand j’étais petit, je passais mon temps à créer des bandes dessinées, je tentais de créer mon propre monde, mes propres personnages. J’adorais aller au cinéma, et y voir les films Disney sur grand écran. Ils créaient les mondes et les personnages les plus fabuleux qui soient, les plus incroyables des histoires, et je ne souhaitais qu’une chose, c’était être dans ces studios et prendre part à tout ça. Et, je devais avoir 11 ans, j’ai commencé à dire à tout le monde autour de moi « Je travaillerais pour Disney! » J’ai passé la plus grande partie de ma vie a essayer d’y rentrer et, je suppose que les choses ont marché pour moi ! (rires)
Nathan, Raiponce est votre premier long-métrage en tant que réalisateur. Pouvez vous nous en dire plus à propos de cette première expérience?
NG : J’avais déjà réalisé un court-métrage pour le DVD/Blu-Ray de Volt, Star Malgré lui, centré sur le personnage de Rhino. C’était un peu comme tremper son orteil dans l’eau pour prendre la température, et avoir une idée de ce que représentait ce travail.
Et c’est fantastique. C’est un travail où l’on collabore avec des centaines de personnes. Peu importe dans quel département vous vous trouvez, que ce soit l’animation, ou l’histoire, ou tout autre département, vous grandissez en tant qu’artiste, car travailler tous ensemble est la meilleure façon au monde d’apprendre. Il y a un tel procédé d’échange! Donc, même en tant que réalisateur, je suis également devenu un meilleur animateur, un meilleur storyboarder, un meilleur scénariste!
Et nous menons cette grand équipe, avec Byron (ndlr : Byron Howard, le second coréalisateur de Raiponce), nous avons une cible, un but, nous savons où nous allons, mais en même temps, nous apprenons des choses tout au long de la réalisation. Byron et moi mettons totalement nos égo de côté et nous sommes très ouverts à toutes les bonnes idées!
 
Byron Howard, Roy Conli, Mandy Moore et Nathan Greno - Byron Howard, Zachary Levi et Nathan Greno
Avec chaque nouveau projet viennent de nouveaux challenges. Quelle a été la chose la plus difficile à laquelle vous avez du faire face, sur Raiponce?
NG : En fait, la chose la plus dure fut l’emploi du temps qui était très chargé. D’habitude, nous avons quatre ou cinq ans pour faire un film de la sorte, mais ici nous nous sommes retrouvés avec seulement deux ans devant nous, car les studios avaient déjà bloqué une date de sortie. John Lasseter avait aimé ce que nous avions fait sur Volt, Star Malgré lui, et nous croyait capable de réaliser ce film en un laps de temps si court.
Toute l’équipe en a souffert, nous travaillons tout le temps, même les week-ends, nous faisions des heures supplémentaires, nous n’avons pas pris de vacances durant deux ans, mais à la fin du voyage, nous avions l’équivalent de quatre ans de travail produits en seulement deux ans. C’était extrêmement dur pour tout le monde, mais nous en sommes d’autant plus fiers!
Comment les choses se sont-elles passées lorsque Glen Keane a du abandonner le fauteuil du directeur suite à des problèmes personnels? Avez vous tout repris depuis le début, ou avez-vous continué le travail de Glen tout en apportant votre propre touche?
NG : Quand Byron et moi avons « récupéré » le film, nous avons tout recommencé. Le film était déjà en développement, mais l’idée d’adapter Raiponce trainait dans les studios depuis très longtemps, depuis que j’y travaille, et bien plus. Walt Disney lui-même avait évoqué cette possibilité.
Et c’était là depuis si longtemps que nous avons du regardé tout ce qui avait été fait au fil des ans. Nous avons pris ce qui nous semblait être les meilleures idées, nous avons vraiment pris le meilleur de chaque recherche qui avait été faite. Donc, nous avions un petit peu de ce qui s’était fait dans le passé, mais pour le plus gros nous sommes partis de zéro, nous avons dégagé le terrain.
Car il faut l’avouer, travailler sur un film demande tellement de passion, de dévouement, ça représente tellement d’heures de travail, que l’on ne peut se contenter de récupérer le travail que quelqu’un d’autre à commencé. Nous avions besoin d’y apporter notre propre vision!
Glen Keane a décidé de réaliser Raiponce en 3D. Pensez vous que le film aurait été différent en 2D?
NG : Définitivement différent! Bien que la 2D et la 3D ne soient que deux instruments pour raconter une histoire. Vous avez besoin d’utiliser le meilleur outil pour construire votre histoire, et dans ce cas, le meilleur outil était la 3D. Les mouvements de caméras que l’on peut se permettre en 3D étaient ce dont on avait besoin pour ce film. Certaines scènes sont superbes grâce à cette possibilité, comme la scène des lanternes, et c’était incroyable de pouvoir faire ça avec la 3D! Tout comme les scènes d’action, car on peut faire bouger la caméra comme une caméra de film live.
La chose géniale avec les studios Disney est que nous faisons à la fois des films en 2D et des films en 3D. Ils sont très fiers de leurs projets en 2D, certaines choses à propos de la 2D sont juste incroyables. On doit vraiment utiliser le média qui servira le mieux notre film.
Raiponce et le personnage le plus chevelu jamais animé. Comment avez vous réussi à créer cette impressionnante chevelure?
NG : Oh la, oui, les cheveux étaient incroyablement difficile à créer! Si vous observez bien les films en 3D, que ce soit les films de Pixar, de Dreamworks, de Sony, ou n’importe quel autre studio, vous vous apercevez que les plus longs cheveux qu’un personnage puisse avoir arrivent en dessous des épaules, ou alors qu’ils sont rassemblés en une queue de cheval, ou une tresse.
Ce que nous nous apprêtions à faire avec ce film est quelque chose qui n’avait jamais été fait auparavant. Des cheveux si longs! Même la façon dont Raiponce interagit avec ses cheveux est incroyable, car d’habitude, jamais vous ne verriez un personnage toucher ses propres cheveux, c’est effroyablement complexe.
Nous avons d’abord défini l’histoire, la façon dont elle pourrait fonctionner, ce que nous voulions voir. C’était notre première approche, avec Byron, et une fois cette étape réalisée, nous nous sommes demandé comment nous allions porter ça à la vie. On voulait vraiment faire en sorte que Raiponce fasse toutes ces choses avec ces cheveux, les utiliser comme arme, comme corde, pour grimper dans la charpente du toit, s’y cacher, et toutes ces choses dingues! Et également avoir les cheveux mouillés. C’est un autre problème, en général on ne voit jamais ça car c’est très compliqué.
Un peu plus tôt cette année, vers janvier, nous étions encore en train de nous demander si le film ne pourrait jamais être fait! Nous avions des « jours sans » (ndlt: en anglais, « bad-hair day », littéralement « jours de cheveux rebelles » ) où les cheveux étaient carrément hors de contrôle, et ne réagissaient pas comme nous le souhaitions! Nous étions très nerveux au début de l’année. Nous avons fini par trouver le moyen d’y arriver, mais ce fut une étape très éprouvante.
Le développement artistique de Raiponce est incroyable. Pourriez vous dire un mot sur l’équipe qui s’en est occupé?
NG : Byron et moi avons un véritable amour pour les classiques de Disney, et nous étions fiers de pouvoir réaliser le 50ème film des Studios. Nous voulions honorer ce qui avait été fait auparavant, la façon dont Walt Disney faisait ses films, comme Pinocchio, Peter Pan, Alice au Pays des Merveilles… Nous voulions vraiment capturer ce style, car c’est ce qui fait que les gens aiment tant les films Disney. Mais en même temps, nous avions envie de voir comment cela serait en 3D, nous avions besoin d’un nouveau départ, de faire quelque chose de jamais vu auparavant. Nous voulions combiner ce style classique avec des choses innovantes.
Au niveau de l’histoire, nous avons une princesse, mais elle aussi n’est pas comme toutes les autres princesses classiques. Elle est très forte, elle n’attend pas qu’on vienne à son secours, elle n’attend pas l’amour, mais elle a un rêve, et elle est prête à prendre la situation en main et faire de son mieux pour réaliser ce rêve.
Flynn aussi n’est pas le prince type, ne serait-ce que parce que nous l’avons changé en voleur! Et même le cheval blanc n’est pas la monture royale mais celui qui court après le voleur!
 
Byron Howard, Mandy Moore et Nathan Greno - Nathan Greno, Alan Menken, Donna Muphy, Glenn Slater et Byron Howard
A Pixar, on donne a un animateur une séquence à animer, et pas seulement un personnage. Avez vous utilisé le même procédé sur Raiponce?
NG : Plus ou moins, car nous n’avons pas un animateur s’occupant d’un personnage précis, contrairement à un film en 2D. Nous choisissions simplement les animateurs qui seraient les meilleurs dans la scène que nous leur proposions.
Quand nous avions une scène émouvante, nous choisissions un animateur qui était doué pour gérer ces émotions, et pour les scènes drôles, les animateurs ayant le plus de facilités dans les situations humoristiques. Et c’était fantastique car chaque animateur apportait un peu plus au personnage, et le rendait encore plus vivant, plus réel.
Quand un animateur faisait un très bon travail, un bon acting sur une action (par exemple, Flynn marchant), nous lui demandions d’apporter sa patte sur d’autres actions. On avait besoin de son style pour rendre le personnage constant.
Quelles étaient vos influences pour le nouveau couple de Disney?
NG : Raiponce devait être un modèle pour les jeunes femmes et les petites filles. J’ai deux nièces, et quand j’allais leur rendre visite, elles jouaient tout le temps avec ces poupées d’héroïnes Disney. Mon frère m’a dit, lorsque que nous avons commencé le film « Peux-tu faire une héroïne proche de Mulan? C’est une fille tellement forte. Tu as besoin de créer un personnage fort car les fillettes s’identifient à ces héroïnes, tu sais qu’elles sont souvent influencées par les personnages de Disney. » J’ai aimé l’idée, nous avions besoin d’un bon modèle pour les enfants. Ce fut le même procédé avec Flynn, nous avions besoin d’un personnage qu’on l’on pouvait admirer comme on admire son grand frère.
Était-ce une volonté de votre part de revenir au style visuel plus traditionnel du studio? Avez vous été influencé par un artiste en particulier?
NG : Oui, nous avions l’impression que rien n’avait été fait depuis longtemps dans les style des années 40’ 50 ', où les films étaient très différents les uns des autres tout en gardant la même essence.
Nous sommes donc allés à Fantasyland, à Disneyland, qui prend son inspiration de ces films. Et Fantasyland est tellement attrayant, cela vous renvoie immédiatement au charme de ces films. Tout le monde était enthousiaste de remonter le temps ainsi; nous observions ce qui avait été fait, comment ils avaient créé cette unité visuelle, et comment nous allions nous y prendre pour garder ce style.
Effectivement, quand elle arrive au royaume la première fois, elle a cette expression que nous avons pu avoir étant enfant en arrivant pour la première fois à Disneyland, c’était très drôle et touchant à la fois!
NG : C’est amusant, c’est quelque chose que nous avons tenté de mettre dans le film, effectivement! Raiponce n’est jamais sortie voir le monde auparavant. Quand vous allez pour la première fois dans un endroit – peu importe où dans le monde, mais prenons Disneyland comme nous en parlions - avec un enfant qui s’y rend pour la première fois, c’est comme si vous y alliez pour la première fois également, vous voyez le monde à travers ses yeux, et c’était une des choses que l’on voulait rendre avec ce film.
J’ai emmené ma petite amie à DisneyWorld il y a deux ans, elle n’avait jamais été là-bas, et elle était tout à fait comme Raiponce sur le pont, un grand sourire sur son visage, très excitée d’être là, et c’est génial que vous le mentionniez car c’est exactement ce que nous voulions traduire!
 
Alan Menken, Roy Conli, Grace Potter, Nathan Greno et Byron Howard - Glenn Slater, Donna Murphy et Alan Menken
L’animation a été réalisée en très peu de temps, et pourtant, elle est remarquable. Avez vous reçu de l’aide de Pixar?
NG : Non, pas du tout! La seule chose que John Lasseter ait fait, est qu’il nous a aidé à construire une structure pour notre réalisation, ça nous a beaucoup aidé.
Nous observons bien sûr les films de Pixar car ils font de vrais bons films, et c’est ce que tout artiste fait, vous regardez autour de vous pour des influences.
Mais nous ne devons Raiponce qu’à l’équipe de Disney, les artistes étaient si passionnés, dévoués! Je pense que ce qui a fait toute la différence, ce qui a donné le ton du film, c’est que nous avions Glen Keane. Il a créé des personnages aussi fort que Ariel, Aladdin, la Bête… Il a vraiment été notre mentor quant à la création des personnages.
Nous avions un groupe de jeune animateurs dévoués, et Glen leur a montré comment extraire le meilleur de la 2D, à choisir ce que la 2D pouvait apporter à la 3D. Nous avons des amis dans d’autres studios d’animation, et, en voyant notre travail, ils nous demandaient: « Mais comment avez-vous fait ceci? C’est tellement différent et vivant! » . Nos animateurs ont vraiment mis la barre très haut!
Vous devez encore avoir l’esprit Raiponce, avec toute la promotion qui entoure le film et qui continue, mais avez vous déjà d’autres projets en tête?
NG : Tout à fait, Byron et moi allons à nouveau travailler ensemble comme nous l’avons fait sur Raiponce. Nous n’aurions pas pu être plus heureux du résultat, et nous voulons vraiment faire un autre film ensemble! Nous avons soumis plusieurs idées à John Lasseter. Il en a choisi une, et donc, nous avons commencé à la développer. Mais nous n’en sommes qu’aux balbutiements et je ne peux malheureusement pas en dire plus, excepté que ce sera dans la veine de Raiponce, avec de grandes scènes d’actions, mais aussi beaucoup d’émotion, de cœur, et d’humour. C’est à la fois différent – vous le verrez d’ici quelques années quand le film sortira – mais très similaire dans le « cœur » du projet. Nous voulons continuer à travailler dans cette direction.
Pouvez vous nous en dire plus à propos de Reboot Ralph, le prochain long métrage des Walt Disney Animation Studios prévu pour 2013? Avez vous des détails sur les réalisateurs?
NG : Je ne suis pas la meilleure personne pour en parler, à vrai dire, je n’en sais pas grand chose. J’ai eu l’occasion de voir quelques morceaux, ça va être un très bon film, mais il traverse beaucoup de changements, tout comme l’a fait Raiponce. Mais je pense que ça sera extrêmement drôle.
Tous les fans français Disney vous remercient pour votre gentillesse et votre disponibilité, et nous espérons vous rencontrer bientôt à nouveau!
NG : Merci à vous de votre soutien!
Depuis l’arrivée de John Lasseter et d’Ed Catmull à la direction des studios d’animation Disney en avril 2006, beaucoup de choses on changé. Parmis ces changements il y eu la décision de mettre plus en valeur le patrimoine des studios. Pour ce faire John Lasseter a pris l’initiative de créer une nouvelle collection de livres officiels avec pour chacun un thème particulier. Le premier à sortir (en décembre 2008) est centré sur l’art du storyboard. Il sera suivi par d’autres volumes centrés sur l’animation, les décors, etc. À cette occasion retrouvez ci-dessous une interview de Lella Smith, responsable des archives des studios d’animation Disney, réalisée par Didier Ghez, le webmaster de Disney History, un excellent blog sur l’histoire de l’animation Disney.
Didier Ghez : Comment en êtes-vous venu à participer à ce projet?
Lella Smith : L’ARL (Animation Research Library) offre souvent des images pour divers livres de la Walt Disney Company, les Art-of et autres livres à thèmes. (La bibliothèque est dépositaire de quelque 60 millions de pièces, toute de véritables œuvres d’art de l’animation Disney) Cela fait un certain temps que nous voulions faire un livre sur les collections de l’ARL, nous en avons maintenant l’occasion. Nous sommes heureux que John Lasseter et Disney Publishing nous donnent enfin cette possibilité.
 
DG : Quelles ont été vos critères pour choisir les différentes œuvres du livre?
LS : Nous voulions des images destinées à inspirer les artistes et à intriguer les novices. Ce fut un vrai défi de réduire la quantité d’œuvres, pour correspondre à la taille du livre (environ 275 pages). Nous avons dû faire des choix difficiles mais nous sommes fiers de la sélection finale.
DG : Quels ont été les plus surprenantes découvertes que vous avez fait en choisissant les œuvres publiées?
LS : Fox Carney, notre chercheur principal, répondra à cette question : "Nous avons découvert de nombreux styles de dessins, chacun reflettant l’époque à laquelle il a été réalisé. Nous avons étudié le rendu détaillé des crayonnés de la première ère de l’animation, dans les années 1920 et 1930. Nous avons une nouvelle fois été émerveillé par le style dépouillé de Bill Peet, typiques des années 1940 et 1950. Chaque période artistique semble être exposé à travers les décennies, ces recherches nous ont vraiment permis d’étudier toute l’histoire de l’animation Disney.

Nous avons appris que certains animateurs ont prêté leur talent créatif non seulement pour l’animation, mais étaient également très investi dans la construction du récit. Les storyboards de Marc Davis par exemple montrent vraiment la joie de vivre de Bambi quand il était enfant. Ceux de Glen Keane sont puissants, il expérimente des techniques mixtes, ses fusains montrent bien la férocité de l’ours dans la scène finale de Rox et Rouky. Nous avons appris, par le biais de recherches sur la façon dont ces dessins sont réalisés que chaque storyboard est un travail essentiel, pas seulement pour la structure de l’histoire, mais aussi pour la transmission des émotions, le style ou l’essence du film dans sa totalité. "
DG : Pour de véritables connaisseurs de Disney, quelles seront les temps forts de l’ouvrage?
LS : Nous avons cherché dans nos archives pendant de longues heures, questionner les artistes des studios. Nous avons aussi rencontré John Lasseter qui nous a parlé des ses œuvres favorites. Il est vraiment intéressant de voir que les même travaux ont été mentionnés un bon nombre de fois.
Les dessins de la scène des éléphants roses dans Dumbo sont fantastiques. Beaucoup de ces pastels monochromes ont été réalisés assez rapidement sur du papier de construction, mais ils sont dynamiques et ils évoquent magnifiquement l’ambiance du film. Susie the Little Blue Coupé est un autre favori des artistes en raison de la période à laquelle il a été réalisé, de son style et de son humour.
DG : Le titre du livre suggère fortement qu’il est le premier d’une série. Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur l’avenir de cette série?
LS : Quand John Lasseter est devenu le Chief Creative Officer des studios Disney et Pixar, il a pensé à l’idée de créer une série de livres regroupant les ouevres des studios par catégorie : histoire, animation, conception de base et layouts. Nous voulons également produire des petits livres supplémentaires qui mettent l’accent sur des artistes, des séquences, etc. Notre premier livre mettra en lumière les œuvres de l’artiste Bill Peet.
_The Art of Disney est un blog amateur qui n’est en rien affilié à la Walt Disney Company. Tout les propos tenus sur ces pages reflètent l’opinion de son auteur uniquement. Tous les visuels mis en ligne sont la propriété de la Walt Disney Company. _